“Le second Dialogue est employé à exposer le sentiment de l'Auteur sur le même sujet, sçavoir, que les choses corporelles ont une existence réelle dans les esprits qui les apperçoivent; mais qu'elles ne sçauroient exister hors de tous les esprits à la fois, même de l'esprit infini de Dieu; et que par conséquent la Matière, prise suivant l'acception ordinaire du mot, non seulement n'existe point, mais seroit même absolument impossible. On a taché de représenter aux yeux ce sentiment dans la Vignette du Dialogue. Le mot grec νοῦς qui signifie âme, désigne l'àme: les rayons qui en partent marquent l'attention que l'âme donne à des idées ou objets; les tableaux qu'on a placés aux seuls endroits où les rayons aboutissent, et dont les sujets sont tirés de la description des beautés de la nature, qui se trouve dans le livre, représentent les idées ou objets que l'âme considère, pas le secours des facultes qu'elle a reçues de Dieu; et l'action de l'Étre suprème sur l'âme est figurée par un trait, qui, partant d'un triangle, symbole de la Divinité, et perçant les nuages dont le triangle est environné. s'étend jusqu'à l'âme pour la vivifier; enfin, on a fait en sorte de rendre le même sentiment par ces mots:

Quæ noscere cumque Deus det,
Esse puta.

“L'objet du troisième Dialogue est de répondre aux difficultés auxquelles le sentiment qu'on a établi dans les Dialogues précédens, peut être sujet, de l'éclaircir en cette sorte de plus, d'en développer toutes les heureuses conséquences, enfin de faire voir, qu'étant bien entendu, il revient aux notions les plus communes. Et comme l'Auteur exprime à la fin du livre cette dernière pensée, en comparant ce qu'il vient de dire, à l'eau que les deux Interlocuteurs sont supposés voir jaillir d'un jet, et qu'il remarque que la même force de la gravité fait élever jusqu'à une certaine hauteur et retomber ensuite dans le bassin d'où elle étoit d'abord partie; on a pris cet emblême pour le sujet de la Vignette de ce Dialogue; on a représenté en conséquence dans cette dernière Vignette les deux Interlocuteurs, se promenant dans le lieu où l'Auteur les suppose, et s'entretenant là-dessus, et pour donner au Lecteur l'explication de l'emblême, on a mis au bas le vers suivant:

Urget aquas vis sursum, eadem flectitque deorsum.”