“La Bastille, pour être une vieille forteresse, n’en étoit pas moins imprenable, à moins d’y mettre plusieurs jours, et beaucoup d’artillerie. Le peuple n’avoit en cette crise ni le temps ni les moyens de faire un siége régulier. L’eût il fait, la Bastille n’avoit pas à craindre, ayant assez de vivres pour attendre un secours si proche, et d’immenses munitions de guerre. Ses murs de dix pieds d’épaisseur au sommet des tours, de trente et quarante à la base, pouvaient rire longtemps des boulets: et ses batteries, à elle, dont le feu plongeoit sur Paris, auroient pu en attendant démolir tout le Marais, tout le Faubourg St. Antoine.

“L’attaque de la Bastille ne fut un acte nullement raisonnable. Ce fut un acte de foi.

Personne ne proposa. Mais tous crurent et tous agirent. Le long des rues, des quais, des ponts, des boulevards, la foule criait à la foule—à la Bastille—à la Bastille. Et dans le tocsin qui sonnoit, tous entendoient: à la Bastille.

Personne, je le répète, ne donna l’impulsion. Les parleurs du Palais Royal passèrent le temps à dresser une liste de proscription, à juger à mort la Reine, la Polignac, Artois, le prévôt Flesselles, d’autres encore. Les noms des vainqueurs de la Bastille n’offrent pas un seul des faiseurs de motions. Le Palais Royal ne fut pas le point de départ, et ce n’est pas non plus au Palais Royal que les vainqueurs raménèrent les depouilles et les prisonniers.

“Encore moins les électeurs qui siégeaient à l’Hotel de Ville eurent ils l’idée de l’attaque. Loin de là, pour l’empêcher, pour prévenir le carnage que la Bastille pouvoit faire si aisément, ils allèrent jusqu’à promettre au gouverneur, que s’il retirait ses canons, on ne l’attaqueroit pas. Les électeurs ne trahissoient pas comme ils en furent accusés; mais ils n’avoient pas la foi.

“Qui l’eut? Celui qui eut aussi le dévoument, la force, pour accomplir sa foi. Qui? Le peuple, tout le monde.”

[399] Diodor. xi, 35; Polyæn. i, 33. Justin (ii, 14) is astonished in relating “tantam famæ velocitatem.”

[400] Herodot. ix, 102, 103. Οὗτοι δὲ (Πέρσαι), κατ’ ὀλίγους γινόμενοι, ἐμάχοντο τοῖσι αἰεὶ ἐς τὸ τεῖχος ἐσπίπτουσι Ἑλλήνων.

[401] Herodot. ix, 104, 105. Diodorus (xi, 36) seems to follow different authorities from Herodotus: his statement varies in many particulars, but is less probable.

Herodotus does not specify the loss on either side, nor Diodorus that of the Greeks; but the latter says that forty thousand Persians and allies were slain.