[67] “Nam, quod dicunt omnino, se credere ei quem judicent fuisse sapientem — probarem, si id ipsum rudes et indocti judicare potuissent (statuere enim, qui sit sapiens, vel maximé videtur esse sapientis). Sed, ut potuerint, potuerunt, omnibus rebus auditis, cognitis etiam reliquorum sententiis: judicaverunt autem re semel auditâ, atque ad unius se auctoritatem contulerunt.” (Cicero, Acad. Priora, ii. 3, 9.)
[68] Plato, Theætêt. p. 171 E. I transcribe the following from the treatise of Fichte (Beruf des Menschen, Destination de l’Homme; Traduction de Barchou de Penhoën, ch. i. Le Doute, pp. 54-55):—
“De la conscience de chaque individu, la nature se contemplant sous un point de vue différent, il en résulte que je m’appelle moi, et que tu t’appelles toi. Pour toi, je suis hors de toi; et pour moi, tu es hors de moi. Dans ce qui est hors de moi, je me saisis d’abord de ce qui m’avoisine le plus, de ce qui est le plus à ma portée: toi, tu fais de même. Chacun de notre côté, nous allons ensuite au delà. Puis, ayant commencé à cheminer ainsi dans le monde de deux points de départ différens, nous suivons, pendant le reste de notre vie, des routes qui se coupent çà et là, mais qui jamais ne suivent exactement la même direction, jamais ne courent parallèlement l’une à l’autre. Tous les individus possibles peuvent être: par conséquent aussi, tous les points de vue de conscience possibles. La somme de ces consciences individuelles fait la conscience universelle: il n’y a pas d’autre. Ce n’est en effet que dans l’individu que se trouve à la fois et la limitation et la réalité. Dans l’individu la conscience est entièrement déterminée par la nature intime de l’individu. Il n’est donné à personne de savoir autre chose que ce qu’il sait. Il ne pourrait pas davantage savoir les mêmes choses d’une autre façon qu’il ne les sait.”
The same doctrine is enforced with great originality and acuteness in a recent work of M. Eugène Véron, Du Progrès Intellectuel dans l’Humanité, Supériorité des Arts Modernes sur les Arts Anciens (Paris, 1862, Guillaumin). M. Véron applies his general doctrine mainly to the theory of Art and Æsthetics: moreover he affirms more than I admit respecting human progress as a certain and constant matter of fact. But he states clearly, as an universal truth, the relative point of view — the necessary measurement for itself, of each individual mind — and the consequent obligation, on each, to allow to other minds the like liberty. We read, pp. 14-16-17:—
“Cela revient à dire que dans quelque cas que nous supposions, nous ne pouvons sentir que dans la mesure de notre sensibilité, comprendre et juger que dans la mesure de notre intelligence; et que nos facultés étant en perpetuel developpement, les variations de notre personnalité entrainent nécessairement celles de nos jugemens, même quand nous n’en avons pas conscience.… Chaque homme a son esprit particulier. Ce que l’un comprend sans peine, un autre ne le peut saisir; ce qui répugne à l’un, plait à l’autre: ce qui ce me parait odieux, mon voisin l’approuve. Quelque bonne envie que nous semblions avoir de nous perdre dans la foule, de dépouiller notre individualité pour emprunter des jugemens tout faits et des opinions taillées à la mesure et à l’usage du public — il est facile de voir que, tout en ayant l’air de répéter la leçon apprise, nous jugeons à notre manière, quand nous jugeons: que notre jugement, tout en paraissant être celui de tout le monde, n’en reste pas moins personnel, et n’est pas une simple imitation: que cette ressemblance même est souvent plus apparente que réelle: que l’identité extérieure des formules et des expressions ne prouve pas absolument celle de la pensée. Rien n’est élastique comme les mots, et comme les principes généraux dans lesquels on pense enfermer les intelligences. C’est souvent quand le langage est le plus semblable qu’on est le plus loin de s’entendre.
“Du reste, quand même cette ressemblance serait aussi réelle qu’elle est fausse, en quoi prouverait-il l’identité nécessaire des intelligences? Qu’y aurait-il d’étonnant qu’au milieu de ce communisme intellectual qui régit l’éducation de chaque classe, et détermine nos habitudes intellectuelles et morales, les distinctions natives disparussent ou s’atténuassent? Ne faut-il pas plutôt admirer l’opiniâtre vitalité des différences originelles qui résistent à tant de causes de nivellement? L’identité primitive des intelligences n’est qu’une fiction logique sans réalité — une simple abstraction de langage, qui ne repose que sur l’identité du mot avec lui-même. Tout se reduit à la possibilité abstraite des mêmes développemens, dans les mêmes conditions d’hérédité et d’éducation — mais aussi de développemens différens dans des circonstances différentes: c’est à dire, que l’intelligence de chacun n’est identique à celle de tous, qu’au moment où elle n’est pas encore proprement une intelligence.”
Plato’s argument as to the distinction between present sensation and anticipation of the future.
A similar remark may be made as to Plato’s distinction between the different matters to which belief may apply: present sensation or sentiment in one case — anticipation of future sensations or sentiments, in another. Upon matters of present sensation and sentiment (he argues), such as hot or cold, sweet or bitter, just or unjust, honourable or base, &c., one man is as good a judge as another: but upon matters involving future contingency, such as what is healthy or unhealthy, — profitable and good, or hurtful and bad, — most men judge badly: only a few persons, possessed of special skill and knowledge, judge well, each in his respective province.
The formula of Relativity does not imply that every man believes himself to be infallible.
I for my part admit this distinction to be real and important. Most other persons admit the same.[69] In acting upon it, I follow out my belief, — and so do they. This is a general fact, respecting the circumstances which determine individual belief. Like all other causes of belief, it operates relatively to the individual mind, and thus falls under that general canon of relativity, which it is the express purpose of the Protagorean formula to affirm. Sokrates impugns the formula of relativity, as if it proclaimed every one to believe himself more competent to predict the future than any other person. But no such assumption is implied in it. To say that a man is a measure to himself, is not to say that he is, or, that he believes himself to be, omniscient or infallible. A sick man may mistake the road towards future health, in many different directions. One patient may over-estimate his own knowledge, — that is one way, but only one among several: another may be diffident, and may undervalue his own knowledge: a third may over-estimate the knowledge of his professional adviser, and thus follow an ignorant physician, believing him to be instructed and competent: a fourth, instead of consulting a physician, may consult a prophet, whom Plato[70] here reckons among the authoritative infallible measures in respect to future events: a fifth may (like the rhetor Ælius Aristeides[71]) disregard the advice of physicians, and follow prescriptions enjoined to him in his own dreams, believing them to be sent by Æsculapius the Preserving God. Each of these persons judges differently about the road to future health: but each is alike a measure to himself: the belief of each is relative to his own mental condition and predispositions. You, or I, may believe that one or other of them is mistaken: but here another measure is introduced — your mind or mine.