"The term Medicine, in its common acceptation among the Indians, means mystery, and nothing else. The origin of the term is, that in the French language a doctor is called 'Médecin;' the Indian country is full of doctors, and as they are all magicians, and profess to be skilled in many mysteries, the word 'médecin' has become habitually applied to every thing mysterious or unaccountable, and the English and American have easily and familiarly adopted the same word, with a slight alteration conveying the same meaning; and, to be a little more explicit, they have denominated these personages 'Medicine-men,' which means something more than merely a doctor or physician. The Indians do not use the word 'medicine,' however, but in each tribe they have a word of their own construction synonymous with mystery or mystery-man. Their medicine-bag then is a mystery-bag, and its meaning and importance necessary to be understood, as it may be said to be the key to Indian life and character.

"Feasts are often made, and dogs and horses sacrificed, to a man's 'medicine;' and days, and even weeks of fasting and penance of various kinds are often suffered to appease his medicine, which he fancies he has in some way offended. This curious custom has generally been done away with along the frontier, where white men laugh at the Indian for the observance of so ridiculous and useless a form; but in this country (beyond the Rocky Mountains) it is still in full force, and every male in the tribe carries this his supernatural charm or guardian, to which he looks for the preservation of his life in battle or in other danger.... During my travels thus far I have been unable to buy a medicine-bag of an Indian, though I have offered extravagant prices for them; and even on the frontier, where they have been induced to abandon the practice, though a white may induce an Indian to relinquish his medicine, yet he can not buy it of him: the Indian in such case will bury it to please a white, and save it from his sacrilegious touch, and he will linger around the spot, and at regular times visit and pay it his devotions as long as he lives."—Catlin's North American Indians, vol. i., p. 36.

No. LIII.

Catlin says, "The tribes, so far as I have visited them, all distinctly believe in the existence of a Great (or Good) Spirit, an Evil (or Bad) Spirit, and also in a future existence and future accountability, according to their virtues and vices in this world. So far the North American Indians would seem to be one family, and such, an unbroken theory among them; yet, with regard to the manner and form, and time and place of that accountability—to the constructions of virtues and vices, and the modes of appeasing and propitiating the Good and Evil Spirits, they are found in all the change and variety which fortuitous circumstances, and fictions and fables have wrought upon them.... These people, living in a climate where they suffer from cold in the severity of their winters, have very naturally reversed our ideas of heaven and hell. The latter they describe to be a country very far to the north, of barren and hideous aspect, and covered with eternal snow and ice. The torments of this freezing place they describe as most excruciating, while heaven they suppose to be in a warmer and delightful latitude, where nothing is felt but the keenest enjoyment, and where the country abounds in buffaloes and other luxuries of life. The Great or Good Spirit they believe dwells in the former place, for the purpose of there meeting those who have offended him, increasing the agony of their sufferings by being himself present, administering the penalties. The Bad or Evil Spirit they suppose to be at the same time in Paradise, still tempting the happy; and those who have gone to the regions of punishment they believe to be tortured for a time proportioned to the amount of their transgression, and that they are then to be transferred to the land of the happy, where they are again liable to the temptation of the Evil Spirit, and answerable again at a future period for their new offenses."—Catlin, vol. i., p. 159.

Dr. Richardson says, "While at Carlton I took an opportunity of asking a communicative old Indian of the Blackfoot nation his opinion of a future state. He replied that they had heard from their fathers that the souls of the departed have to scramble with great labor up the sides of a steep mountain, upon attaining the summit of which they are rewarded with the prospect of an extensive plain, interspersed here and there with new tents, pitched in agreeable situations, and abounding in all sorts of game. While they are absorbed in the contemplation of this delightful scene, they are descried by the inhabitants of the happy land, who, clothed in new skins, approach and welcome, with every demonstration of kindness, those Indians who have led good lives; but the bad Indians, who have imbrued their hands in the blood of their countrymen, are told to return from whence they came, and, without more ceremony, precipitated down the steep sides of the mountain."—Franklin's Journey, p. 77.

"C'est du côté de l'ouest, d'où les sauvages prétendent être venus, qu'il placent le pays des ancêtres, ou des âmes. C'est, disent-ils, un pays très êloigné, et où chacun est contraint de se rendre, après son trèpas, par un chemin fort long et fort pénible, dans lequel il y a beaucoup à souffrir, à cause des rivières qu'il faut passer sur des ponts tremblants, et si étroits qu'il faut être une âme pour pouvoir s'y soûtenir; encore trouve-t-il au bout du pont un chien, qui comme un antre cerbère leur dispute le passage, et en fait tomber plusieurs dans les eaux, dont la rapidité les roule de précipice en précipice. Celles qui sont assez heureuses pour franchir ce pas, trouvent en arrivant, un grand et beau pays, au milieu duquel est une grande Cabane, dont Tharonhiaouagon, leur Dieu, occupe une partie, et Ataensic, son ayeule, occupe l'autre. L'appartement de cette vielle est tapissé d'une quantité infini de colliers de porcelaine, de bracelets, et d'autres meubles, dont les morts, qui sont sous sa dépendance, lui ont fait présent à leur arrivée. Ataensic est maîtresse de la Cabane, selon le style des sauvages, elle et son petit fils dominent sur les mânes, et font consister leur plaisir à les faire danser devant eux. Il y a une infinité de versions sur le pays des âmes, mais ce qui je viens d'en rapporter en est comme le fonds, où tout le reste se réduit."—Lafitau, tom. i., p. 402.

No. LIV.

"Un officier Français, qui parle la langue Huronne comme les Hurons même, et qui connoît fort bien le génie des sauvages, m'a raconté un fait, dont il a été le témoin ... Quelques sauvages intrigués, au sujet d'un parti de sept guerriers de leur village, et dont tout le monde commençoit à être en peine, prièrent une vielle sauvagesse de jongler pour eux. Cette femme étoit en grande réputation, et on avoit vérifié plusieurs de ses prédictions, mais on avoit beaucoup de peine à la déterminer à faire ces sortes d'opérations, quoiqu'on la payât bien, parce-qu'elle souffroit beaucoup. Comme elle avoit de l'amitié pour moi, dit cet officier, je me mis de la partie avec les sauvages, ajoutant néanmoins très peu de foy à ces sortes de choses, je la priai très fortement, et je fis tant, qu'elle s'y résolut. Elle commença d'abord par préparer un espace de terrain qu'elle nettoya bien, et qu'elle couvrit de farine. Elle disposa sur cette poudre comme sur une carte géographique, quelques paquets de buchettes, qui représentaient divers villages de différentes nations, observant particulièrement leur position, et les rhumbs de vent. Elle entra ensuite dans de grandes convulsions, pendant lesquelles nous vîmes sensiblement sept bluettes de feu sortir des buchettes qui représentoient notre village; tracer un chemin sur cette farine et aller d'un village à l'autre. Après d'être éclipsées pendant un assez long tems, dans l'un de ces villages, ces bluettes reparurent au nombre de neuf, tracèrent un nouveau chemin pour le retour, jusqú'à ce qu'enfin elles s'arrêtèrent assez près du village, ou paquet de buchettes, d'où les sept premièrs étoient d'abord sorties. Alors la sauvagesse, toujours en fureur, troubla tout l'ordre des buchettes, foula aux pieds tout le terrain qu'elle avoit préparé, et où cette scène venoit de passer. Elle s'assit ensuite et après s'être donné le tems de se tranquilliser, et de reprendre ses esprits, elle raconta tout ce qui étoit arrivè aux guerriers, la route qu'ils avoient tenue, les villages par où ils avoient passé, le nombre des prisonniers qu'ils avoient fait; elle nomma l'endroit où ils étoient dans ce moment, et assura qu'ils arriveroient trois jours après au village, ce qui fut vérifié par l'arrivée des guerriers, qui confirmèrent de point en point ce qu'elle avoit dit."—Lafitau, tom. i., p. 387.

"Quoiqu' aujourd'hui les Abénaquis fassent tous profession du Christianisme, ils ne laissent pas encore d'avoir quelquefois recours à cet art qu'ils ont reçû de leurs pères (la Pyromantie, ou Divination par le feu). Ils s'en confessent néanmoins, à cause de l'horreur qu'on leur en a inspiré, mais il s'en trouve quelques uns qui cherchent à le justifier. Une sauvagesse disoit à un missionnaire, qui tâchoit de lui faire concevoir sa faute: 'Je n'ai jamais compris qu'il n'y eût à elle aucun mal, et j'ai peine à y en voir encore: écoute, Dieu a partagé différemment les hommes; à vous autres François, il a donné l'écriture, par laquelle vous apprennez lea choses qui se passent loin de vous, comme si elles vous étoient présentes; pour ce qui est de nous, il nous a donné l'art de connoître par le feu les choses absentes et eloignées; suppose donc que le feu c'est notre livre, notre écriture; tu ne verras pas qu'il y ait de différence, et plus de mal dans l'un que dans l'autre. Ma mère m'a appris ce secret pendant mon enfance, comme tes parents t'ont appris à lire et à écrire; je m'en suis servi plusieurs fois avec succès, avant d'être Chrètienne, je l'ai fait quelquefois avec le même succès depuis que je la suis; j'ai éte tenté, et j'ai succombé à la tentation, mais sans croire commettre aucune péché.'"—Lafitau, tom, i., p. 388.

Some of the Indians seem to have been acquainted with the mysteries of clairvoyance. "Ils croyent qu'il y a des personnes que les esprits favorisent d'avantage, qui sont plus éclairées que le commun, dont l'âme sçut, non seulement ce qui les concerne personnellement, mais qui voient jusques dans le fonds de l'âme des autres, qui percent à travers le voile qui les couvre, et y apperçoit les désirs naturels et innés, qu'elle a, quoique cette âme elle même ne les ait pas aperçus; c'est ce qui leur a fait donner le nom de Iaïotkatta par les Hurons, c'est á dire voyans, parce qu'ils voyent les hommes dans leur intérieur."—Lafitau, tom. i., p. 371.