"Unus erat Mundus; Duo sint, nit iste: fuere."
Voyages Hist. et Littér. en Italie de M. Valery, tom. v., p. 73.
No. XIII.
"Christophe Colomb, Cortez et Raleigh ont eprouvé que le genie ne régne que sur l'avenir et que son pouvoir est tardive. Ils ont pendant quelques tems, excité au plus haut degré l'admiration de leurs contemporains; mais la bienveillance publique a abandonné leur viellesse, on ne s'est souvenu d'eux que pour les affliger dans leur isolement.[216] Le siècle qui les a vus naître n'a pas compris ce que leur action successive a produit et préparê de changements dans l'état des peuples de l'occident. L'influence que ces peuples exercent sur tous les points du globe ou leur présence se fait sentir simultanément, la prépondérance universelle qui en est la suite, ne datent que de la découverte de l'Amérique et du voyage de Gama. Les évènemens qui appartiennent à un petit group de six années (1492-1498) ont determiné pour ainsi dire le partage du pouvoir sur la terre. Dés-lors le pouvoir de l'intelligence, geographiquement limité, restreint dans des bornes étroites a pu prendre un libre essor; il a trouvé un moyen rapide d'étendre, d'entretenir, de perpétuer son action. Les migrations des peuples, les expéditions guerrières dans l'intérieur d'un continent, les communications par caravanes sur des routes invariablement suivies depuis des siècles, n'ont produit que des effets partiels et généralement moins durables. Les expéditions les plus lontaines ont été dévastatrice, et l'impulsion a été donnée par ceux qui n'avoient rien à ajouter aux trésors de l'intelligence déjà accumulés. Au contraire, les évènemens de la fin du quinzième siècle, qui ne sont séparés que par un intervalle de six ans, ont été longuement préparés dans le moyen-âge, qui à son tour avoit été fécondé par les idées des siècles antérieures, excité par les dogmes et les rêveries de la géographie systématique des Hellènes. C'est seulement depuis l'époque que nous venons de signaler que l'unité homérique de l'océan s'est fait sentir tous son heureuse influence sur la civilisation du genre humain. L'élément mobile qui baigne toutes les côtes en est devenu le lien moral et politique, et les peuples de l'occident, dont l'intelligence active a créé ce lien et qui ont compris son importance, se sont élevés à une universalité d'action qui détermine la prépondérance du pouvoir sur le globe."—Humboldt's Géographie du Nouveau Continent, vol. iv., p. 23.
FOOTNOTES:
[216] Ces Nouvelles Indes que Colomb nomma sa propriété (cosa que era suya) etoient inabordables pour celui qui les avoient refusées à la France, à l'Angleterre et au Portugal. Les lettres que l'amiral adresse à sa famille et ses amis depuis l'année 1502, ne respirent que la douleur.
The following is an extract from one of Columbus's mournful appeals to Ferdinand and Isabella:
"Such is my fate, that the twenty years of service through which I have passed with so much toil and danger have profited me nothing, and at this very day I do not possess a roof in Spain that I can call my own: if I wish to eat or sleep, I have nowhere to go but to the inn or tavern, and most times lack wherewith to pay the bill.... I was twenty-eight years old when I came into your highnesses' service, and now I have not a hair upon me that is not gray; my body is infirm, and all that was left to me, as well as to my brothers, has been taken away and sold, even to the frock that I wore, to my great dishonor.... The honest devotedness I have always shown to your majesties' service, and the so unmerited outrage with which it has been repaid, will not allow my soul to keep silence, however much I may wish it. I implore your highnesses to forgive my complaints. I am, indeed, in as ruined a condition as I have related. Hitherto I have wept over others: may Heaven now have mercy upon me, and may the earth weep for me. Weep for me, whoever has charity, truth, and justice!"—Select Letters of Columbus, published by the Hakluyt Society.
No. XIV.
"Per necessità d'acque mandammo il battello a terra con venticinque huomini: dove per le grandissime e frequente onde che gettava il mare al lito per esser la spiaggia aperta, non fu possibile che alcuno potesse smontare in terra senza pericolo di perder il battello: vedemmo quivi molte genti che venivano al lito, facendo varij segni d'amicizia e dimostrando contentezza che andassimo a terra, e per pruova li conoscemmo molto umani e cortesi come per il successo caso V.M. intenderà. Per mandarli delle cose nostre, e da Indiani communimente molto desiderate, e apprezzate come sono fogli di charta, specchi, sonagli e altri simile cose, mandammo a terra un giovane de nostri marinari, quale ponendosi a nuoto, nell' approssimarsi (ritrovandosi in acqua da tre, o quattro braccia di terra lontano) di lor non confidandosi gliele getto nel lito, poi nel voler ritornar a dietro, dall onde con tanta furèa fu traportato alla riva, che vi si trovò di modo straccho, e sbattuto, che vi resto quasi morto. Il che veduto da gli Indiani corsero a pigliarlo, e tiratolo fuora lo portarono alquanto dal mare lontano. Risentito il giovane e vedendosi da lor portato, alla disgrazia prima vi s'aggiunse il spavento, per il quale metteva grandissimi gridi, e il simile facevano gl' Indiani che l'accompagnavano, nel volerlo assicurare e li davano cuore di non temere: di poi avendolo posto in terra al piè d'un picciolo colle in faccia del sole, con atti d'admirazione lo riguardavano, maravigliandosi della bianchezza della sua carne, e ignudo spogliatolo lo fecero ad un grandissimo fuoco restaurare, non senza timore di noi altri, che eramo nel battello restati, che a quel fuoco arrostendolo, lo volessero divorare. Riavute le forze il giovane, e con loro avendo alquanto dimorato, con segni li dimostrò voler alla nave far ritorno: da quali con grandissimo amore, tenendolo sempre stretto, con varij abbracciamenti, fu accompagnato sino al mare, e per più assicurarlo, allargandosi andarono sopra un colle eminente, e quivi fermatislo stellero a riguardare sino che nel battello fu entrato."—Verazzano in Ramusio, tom, iii., p. 420.