"J'ai pensé que Dieu m'avait abandonné," dit Godefroi.

"Oh! mon fils," dit le père, "au contraire! Car, sans cet accident, ta petite sœur n'aurait pas remarqué cette île, nous n'aurions pas pensé que peut-être la tempête t'y avait jeté, et nous ne serions pas venus ici aujourd'hui pour te trouver!"

Le lendemain Godefroi s'embarqua avec Pierre, Thomas et Jean, et avant le soir il arriva à la maison où il fut reçu avec une joie que je vous laisse imaginer, car il est impossible de la décrire en quelques mots.

Thomas était si content du succès de son entreprise qu'il invita toute la famille et tout le village à dîner chez lui. Au dessert Godefroi raconta toutes ses aventures, et tout le monde admira le courage qu'il avait montré. Godefroi donna à son père les perles et le corail, les seules choses que le feu avait épargnées, et le père, heureux et fier de son fils, les montra à tout le monde.

Un marchand de corail offrit d'acheter le corail et les perles, et lui donna une bonne somme d'argent. Cet argent permit à Pierre de donner une excellente éducation à tous ses enfants, et surtout à Godefroi qui en profita bien.

Godefroi alla à l'école et apprit beaucoup de choses, mais les leçons de patience, de persévérance et de foi, qu'il avait apprises tout seul dans son île déserte, étaient les plus précieuses de toutes. Il ne les oublia jamais, et même quand il fut très âgé il disait souvent à ses petits-enfants: "Il ne faut jamais désespérer. Dieu fait notre fortune de nos infortunes. Les choses qui paraissent impossibles à l'homme sont possibles à Dieu, car rien ne Lui est impossible."


LE GRAIN DE MOUTARDE.[29]

Il y avait une jeune femme dans l'Inde qui avait un petit enfant. Un jour le petit enfant tomba dangereusement malade, et bientôt le pauvre petit mourut. La pauvre mère prit le petit enfant dans ses bras, et alla de porte en porte, demandant si personne ne pouvait lui donner de remède pour son fils.

Les voisins dirent: "La pauvre femme est folle de porter son enfant mort d'une maison à l'autre!"