"Oh!" dit Yvon négligemment, "c'est quelque chose de très facile. Il m'a dit d'aller à la montagne attraper son cheval, de le ramener et de le mettre à l'écurie. Il veut s'en servir demain."

"Oh!" dit Finette, "ce n'est pas aussi facile que vous pensez, mon cher Yvon, car le cheval du géant est immense, et de sa bouche et de ses narines jaillit un feu dévorant qui tue toutes les personnes qui l'approchent."

"Très-bien!" dit le jeune homme, "je n'irai pas à la montagne, car je n'ai nulle envie de mourir!"

"Oh!" dit Finette, "si vous prenez la bride magique suspendue derrière la porte de l'écurie, le cheval sera docile comme un agneau, et vous pourrez le brider et le monter sans danger."

Yvon remercia la jeune fille de ses bons conseils, et après avoir causé avec elle presque toute la journée, il alla chercher la bride magique, et partit pour la montagne. Arrivé là, il entendit bientôt un bruit, comme le tonnerre, et il vit venir au grand galop un cheval monstre, de la bouche et des narines duquel jaillissait un feu dévorant.

Yvon, qui n'avait peur de rien, secoua la bride, et le coursier vint s'agenouiller devant lui, doux comme un agneau. Yvon brida le cheval sans peine, monta sur son dos, retourna à la maison et le mit à l'écurie.

Cela fait, il alla s'asseoir sur le banc, devant la porte, et quand il vit venir le géant, il se croisa les jambes, ferma les yeux et commença à siffler.

Le géant s'approcha, et lui dit avec colère: "Eh bien, paresseux, pourquoi n'avez-vous pas fait ce que je vous ai commandé?"

"C'est fait, mon maître, votre cheval est à l'écurie, et c'est une bien gentille bête, allez!"

"Mon cheval une gentille bête!" s'écria le géant avec surprise, et il courut à l'écurie pour voir si c'était vraiment son cheval que le jeune homme avait ramené de la montagne.