"Oui," dit le chat. "Voilà un peigne et une serviette; prenez-les, et sauvez-vous vite. La sorcière vous poursuivra, et quand elle sera près de vous, jetez la serviette; elle deviendra un large fleuve (rivière). Si la sorcière passe et s'approche de vous, jetez le peigne; il deviendra un bois si vaste et si épais qu'elle ne pourra pas le traverser."

La jeune fille prit le peigne et la serviette, et partit. Les chiens de la sorcière voulurent l'arrêter. Elle leur jeta un morceau de pain, et ils la laissèrent aller. Les portes voulurent aussi arrêter la jeune fille; elle les graissa avec un peu de beurre qu'elle avait apporté, et les portes s'ouvrirent et la laissèrent passer. Le chat prit sa place, et quand la sorcière cria: "Ma chère enfant, filez-vous?" le chat répondit: "Mais oui, ma chère tante, je file."

Mais bientôt la sorcière arriva. Elle vit que le chat filait, et que la jeune fille s'était sauvée. La sorcière battit le chat, et dit: "Pourquoi n'avez-vous pas crevé les yeux de la jeune fille?"

"Oh," dit le chat, "je suis à votre service depuis longtemps, et vous ne m'avez jamais rien donné. La jeune fille m'a donné du lard!"

La sorcière dit à la servante: "Pourquoi avez-vous versé de l'eau sur le feu? Pourquoi avez-vous permis à la jeune fille de se sauver?"

"Oh," dit la servante, "la jeune fille est bonne; elle m'a donné un mouchoir; vous ne m'avez jamais rien donné."

La sorcière dit aux portes: "Pourquoi avez-vous permis à la jeune fille de se sauver?"

Les portes répondirent: "La jeune fille est bonne; elle nous a graissées avec du beurre. Nous avons crié depuis des années, et vous ne nous avez jamais rien donné."

La sorcière dit aux chiens: "Pourquoi avez-vous permis à la jeune fille de se sauver?"

Les chiens répondirent: "La jeune fille est bonne; elle nous a donné du pain. Vous ne nous avez jamais rien donné."