Le pauvre Jean était très triste. Il appela sa petite amie Catherine, et dit: "Catherine, votre mère est bien cruelle! Elle dit qu'il faut que j'abatte la forêt, d'ici à demain, et que je bâtisse un pont qui chantera quand elle passera dessus."
"Oh!" dit la petite Catherine; "allez vous coucher, mon cher Jean. Cette tâche n'est pas difficile. Je vous aiderai, mais faites bien attention de ne pas boire le lait que ma mère vous donnera demain matin."
Jean alla se coucher tranquillement, et la petite fille, qui était un peu sorcière aussi, courut à la forêt, évoqua les esprits, leur commanda d'abattre la forêt et de bâtir un pont qui chanterait quand sa mère passerait dessus.
Le lendemain matin Jean se présenta devant la femme, et dit: "C'est fait!"
"Ah! très-bien, mon bon enfant; voici du lait; buvez-le," dit la femme. Mais Jean, qui n'avait pas oublié la recommandation de Catherine, ne but pas le lait.
La femme était fâchée, et elle dit à son mari: "Mon mari, Jean est trop avisé; il faut nous débarrasser de lui."
L'homme, qui aimait Jean, protesta, mais en vain, et la femme dit à Jean:
"Cette nuit vous irez dans l'écurie, où vous trouverez six chevaux. Sellez et bridez ces chevaux, et faites-les trotter."
Jean était très content parce qu'il croyait (pensait) que c'était très facile, mais Catherine dit: "Jean, ce n'est pas facile, car un de ces chevaux est ma mère elle-même. Mais si vous prenez ces six brides magiques, la chose sera facile."
Jean prit les brides que Catherine lui donna; il brida et sella les six chevaux, il les fit trotter toute la nuit, et avant de rentrer il les conduisit à la forge où il les fit ferrer.