Catherine dit à Jean: "J'entends ma mère qui arrive. Changez-vous en étang; je me changerai en canard." La mère arriva. Elle s'aperçut de la métamorphose, et elle ne pensa qu'à punir les enfants. Elle commença donc à boire l'eau, mais elle but si avidement qu'elle mourut.

Alors Jean et Catherine continuèrent leur route. Ils arrivèrent dans une forêt, où ils rencontrèrent le roi et toute sa cour à la chasse. Le roi regarda le jeune homme et la jeune fille. Il les questionna, et bientôt il reconnut son fils, et l'embrassa avec des transports de joie.

Le jeune prince finit par épouser la jolie Catherine, qui continua à l'aider comme par le passé, et ils furent toujours très heureux.


[GODEFROI, LE PETIT ERMITE.][28]

Il y avait une fois un pauvre homme qui avait une très grande famille. Cet homme était pauvre, mais il était toujours occupé, il était très industrieux. Cet homme avait une petite maison, et comme sa femme était aussi très industrieuse, la maison était toujours en ordre.

L'homme, qui s'appelait Pierre, avait aussi un petit jardin. Dans ce jardin il cultivait quelques arbres fruitiers, et il y cultivait aussi beaucoup de légumes. Au printemps, en été, et en automne, cet homme industrieux travaillait dans les champs de ses voisins qui étaient plus riches que lui, et qui le payaient bien.

Il travaillait aussi pour les pêcheurs, car sa maison était près de l'eau. En hiver, quand il ne pouvait pas travailler dans les champs, et quand le temps était trop mauvais pour aller à la pêche, il restait à la maison, où il fabriquait des filets ou des paniers, qu'il vendait aux pêcheurs ou aux fermiers.

Les enfants de cet homme étaient très industrieux et très intelligents. Le plus intelligent était Godefroi, qui avait douze ans, et qui était assez grand pour aider son père aux champs, au jardin, à la pêche, et à la fabrique de paniers et de filets. Mais Godefroi n'était pas toujours sage. Il aimait mieux jouer que de travailler.

Un jour le père dit à Godefroi: "Mon fils, tu as été sage pendant une semaine, et maintenant tu mérites une récompense. Demain matin, si le temps est beau, nous irons à l'Île Verte que tu vois en mer à une grande distance d'ici. C'est une île où demeurait mon père. Sur l'île nous trouverons beaucoup d'osier pour faire nos paniers, et nous trouverons aussi un grand noyer. Nous cueillerons les noix, et nous les apporterons à la maison, où tu pourras les manger cet hiver."