Vous trouverez le Duc d'Aumale en fort bellé sante et très brillant, malgré toutes les préoccupations que nous avons eues, et la blessure très vive que lui a faite l'odieuse mesure militaire [Footnote: The removal of the Orleanist princes from the active list of the army in February.] dont il a été l'objet. Je regrette de ne pouvoir l'accompagner en Angleterre, où j'ai tant d'amis que je serais heureux de revoir. Mais ne puis-je au moins espérer que vous nous ferez cette année, avec Madame et Mademoiselle Reeve, une visite au Château d'Eu? Nous resterons ici tout le mois de Juillet. J'ai été assez heureux à la pêche ici dans notre petite rivéire. Pendant une quinzaine, du 25 mai au 10 juin, j'ai pris à la mouche 82 truites pesant 42 livres.
This was the sport to which he had particularly invited Miss Reeve in
January, and which, he goes on to say, has given him the idea of going to
Norway in August. As to this, he begs Reeve to make some inquiries for him,
and concludes—Veuillez me croire votre bien affectionné,
LOUIS-PHILIPPE D'ORLEANS.
Another chatty letter, four days later, June 20th, has:—
Nous serons charmés de vous voir venir ici vers le 24 juillet avec Madame Reeve, tout en regrettant que Mademoiselle votre fille ne puisse pas vous accompagner. Nous espérons qu'elle pourra venir ici l'année prochaine en mai. Mais qui peut faire sous un gouvernement démocratique des projets à si longue échéance?
The visit was, however, prevented by an event of the most serious political importance; an event which during the next three or four years was thought by many to be likely to change the destinies of France, to affect the fortunes of Europe. It may be best told in the words of the person most affected.
From the Comte de Paris
Château d'Eu, le 18 juillet.
Mon cher Monsieur Reeve,—Je suis revenu ici il y a deux jours après avoir fait en Autriche un voyage imprévu dont vous avez connu le motif et le résultat. J'ai été reçu par l'auguste malade [Footnote: The Comte de Chambord, known among the Legitimists as Henri V.] avec une affectueuse cordialité qui m'a profondément touché, et j'ai quitté Vienne en conservant quelque espoir de le voir sortir de la crise cruelle qu'il vient de traverser. Les dernières nouvelles reçues ne démentent pas cet espoir, quoique son état soit toujours fort grave et plein de périls. Je ne puis naturellement faire dans une pareille situation de projets à longue échéance. Non seulement tout plan de voyage est abandonné pour le moment, mais je vis au jour le jour, toujours prêt à partir au reçu d'une dépêche annonçant le dénouement fatal. Aussi ne puis-je dans ce moment insister pour vous engager à faire au Château d'Eu cette visite dont je me promettais tant de plaisir et d'intérêt, mais qui, dans les circonstances actuelles, risquerait fort d'être brusquement interrompue. Je le regrette vivement, et j'espère pouvoir m'en dédommager plus tard.
En attendant, j'ai hâte de vous remercier de tout ce que vous me dites sur ma situation actuelle et sur l'intérêt que vous y portez. Je vous remercie également de ce que vous avez écrit sur ce sujet à la fin du dernier numéro de la Revue d'Edimbourg. On sent en lisant ce morceau combien celui qui l'a écrit aime et connaît bien la France. Il a été fort remarqué chez nous. Si vous me permettez d'ajouter un seul mot qui vous prouvera que je l'ai lu avec attention, je vous signalerai un lapsus calami qui vous a échappé. Le fondateur de notre branche d'Orléans, fils de Louis XIII, frère de Louis XIV, s'appelait Philippe et non Gaston. Gaston était le nom du fils de Henri IV, frère de Louis XIII, le Duc d'Orléans de la Fronde, qui ne laissa que des filles, entre autres Mlle. de Montpensier.