Il y a progenèse lorsque, chez un animal, la reproduction sexuée s’opère d’une façon plus ou moins précoce, c’est-à-dire lorsque les produits sexuels (œufs ou spermatozoïdes) se forment et mûrissent avant que l’être n’ait atteint son complet développement. On peut citer comme exemples les Axolotls et les larves de Tritons qui, les uns normalement, les autres accidentellement, pondent en ayant encore leurs branchies.
Très souvent la progenèse n’affecte qu’un seul sexe. Tantôt, c’est le sexe femelle qui mûrit à l’état larvaire comme chez les pucerons, les Stylops, etc.... Tantôt c’est le sexe mâle, comme chez la Bonellie, les mâles complémentaires de Cirripèdes, les mâles pygmées des Rotifères, le mâle de l’Anguille, etc. D’autres fois, enfin, l’animal présente successivement les deux sexes avec progenèse pour l’un d’entre eux. C’est ainsi qu’il y a progenèse protandrique chez les Crustacés cymothoadiens, et, parmi les Vertébrés, chez les Myxines, qui, mâles dans le jeune âge, deviennent femelles en vieillissant et en achevant de prendre leur développement. Le cas des vieilles femelles de Gallinacés à plumage et à instincts masculins semble être, au contraire, un exemple imparfait de progenèse protogynique, puisque ces femelles ont pondu lorsqu’elles avaient encore la livrée des jeunes et qu’elles ont continué plus tard leur développement, et présentent le caractère des mâles sans que, cependant, l’on ait constaté la production de spermatozoïdes.
Dans les cas extrêmes de progenèse femelle, la reproduction se fait même sans le concours de l’élément mâle, revenant ainsi à la forme agamique primordiale. Ces cas sont connus depuis longtemps sous le nom de pédogenèse. On les a observé chez les larves de Miastor, de Chironomus et chez certains pucerons.
Chaque fois qu’il y a progenèse dans un type déterminé, on constate soit momentanément, soit d’une façon définitive, un arrêt de croissance et de développement: l’animal progénétique a, par suite, l’aspect d’une larve sexuée, lorsqu’on le compare soit à l’autre sexe, soit aux formes voisines, qui ne présentent pas le phénomène de la progenèse.
Cela est en parfaite harmonie avec le principe, si bien mis en lumière par Herbert Spencer, de l’antagonisme entre la genèse et la croissance et entre la genèse et le développement. Cet antagonisme s’explique facilement si l’on songe que les matériaux employés pour la reproduction ne peuvent servir à l’accroissement de l’individu. S’il est avantageux pour un organisme de se reproduire sans acquérir des organes inutiles, la sélection naturelle déterminera bientôt une progenèse de plus en plus complète. Les animaux parasites, outre qu’ils tirent de leur hôte une nourriture abondante, n’ont guère besoin d’une foule d’organes qui servent à leurs congénères libres dans la vie de relation. Aussi voyons-nous qu’un très grand nombre d’animaux parasites sont progénétiques. Les mâles progénétiques de la Bonellie et des Cirripèdes vivent en parasites dans leurs femelles. Chez certains types, les pucerons, la progenèse cesse dès que, la nourriture devenant moins abondante, un déplacement pourra être nécessaire.
En résumé, l’arrêt de développement dû à la progenèse résulte d’une dérivation des principes nourriciers au détriment de l’animal progénétique. Dans les exemples de castration parasitaire que nous avons examinés, le parasite joue, par rapport à son hôte, absolument le même rôle que la glande génitale d’un type progénétique. Il détourne, pour sa propre subsistance, une partie des principes qui auraient servi au développement de l’animal. Aussi les effets produits sont-ils tout à fait de même ordre.”
A phenomenon so anomalous as this, explicable upon the hypothesis set forth but not otherwise explicable, furnishes striking verification.]
CHAPTER XI.
INTERPRETATION AND QUALIFICATION.
§ 362. Considering the difficulties of inductive verification, we have, I think, as clear a correspondence between the à priori and à posteriori conclusions, as can be expected. The many factors co-operating to bring about the result in every case, are so variable in their absolute and relative amounts, that we can rarely disentangle the effect of each one, and have usually to be content with qualified inferences. Though in the mass organisms show us an unmistakable relation between great size and small fertility, yet special comparisons among them are nearly always partially vitiated by differences of structure, differences of nutrition, differences of expenditure. Though it is beyond question that the more complex organisms are the less prolific, yet as complexity has a certain general connexion with bulk, and in animals with expenditure, we cannot often identify its results as independent of these. And, similarly, though the creatures which waste much matter in producing motion, sensible and insensible, have lower rates of multiplication than those which waste less, yet, as the creatures which waste much are generally larger and more complex, we are again met by an obstacle which limits our comparisons, and compels us to accept conclusions less definite than are desirable.
Such difficulties arise, however, only when we endeavour, as in foregoing chapters, to prove the inverse variation between Genesis and each separate element of Individuation—growth, development, activity. We are scarcely at all hampered by qualifications when, from contemplating these special relations, we return to the general relation. The antagonism between Individuation and Genesis is shown by all the facts which have been grouped under each head. We have seen that in ascending from the lowest to the highest types, there is a decrease of fertility so great as to be absolutely inconceivable, and even inexpressible by figures; and whether the superiority of type consists in relative largeness, in greater complexity, in higher activity, or in some or all of these combined, matters not to the ultimate inference. The broad fact, enough for us here, is that organisms in which the integration and differentiation of matter and motion have been carried furthest, are those in which the rate of multiplication has fallen lowest. How much of the decline of reproductive power is due to the greater integration of matter, how much to its greater differentiation, how much to the larger amounts of integrated and differentiated motions generated, it may be impossible to say; and it is not needful to say. These are all elements of a higher degree of life, an augmented ability to maintain the organic equilibrium amid environing actions, an increased power of self-preservation; and we find their invariable accompaniment to be, a diminished expenditure of matter, or motion, or both, in race-preservation.