"Le commencement de cette métamorphose paroit (autant que j'ai pu l'observer dans mes débris roulés) se faire par le ciment, qui dissout là, où les agens eurent l'accès libre, rend les grains en quartz mobiles, les emporte, les mêle avec sa masse dense-liquide, les dissout, même en partie, et forme, dans cet état, des veines et de masses calcédonieuse, carneoliques, ou d'une autre espèce de silex, au milieu du grés peu, ou pas du tout, changé. Car autant que je puis voir, ce n'est pas par couches ou veines qu'elle s'opère, mais par boules et masses rond-oblongues. Au commencement ces veines et tâches sont fort minces, et le reste du grés n'est point du tout, ou à peine sensiblement changé hormis qu'il gagne, plus de consistance, à proportion du changement souffert. Mais à mesure que le silex y augmente et se perfectionne, on y apperçoit les degrés par lesquels a passé cette operation. Les nuance du passage d'une pierre à l'autre deviennent plus visibles, les veines et masses de silex grandissent au point, même, qu'il y a jusqu'aux trois quart du grés changé en silex clair comme de l'eau n'ayant que fort peu de grains de sable nageants dans sa masse. Des morceaux de cette espèce sont rares à la vérité, mais j'en ai, cependant, trouvé quelques uns. Ordinairement, dans les beaux morceaux, le silex fait la base, et le sable y est, comme nageant tantôt en grains séparés tantôt en parties et flocons. Dans les pieces moins belles, le sable fait la base, et le silex sert à la fois de ciment, et forme aussi plus ou moins de veines, qui traversent la masse en maintes et maintes directions. Mais si c'est un grès à gros grains, ou de la breccia, alors le reste prend la nature silicieuse mêlé de sable fin, et les gros grains de quartz restent tels, qu'ils étoient, sans changer. J'ai déjà remarqué que cette métamorphose semble s'opérer, comme celle des cailloux d'origine calcaire en forme approchans la sphérique, il faut encore y a jouter, que j'ai lieu de croire, qu'elle se fasse aussi du dedans en dehors, tout, comme la décomposition se fait du dehors au dedans.

"Il arrive dans cette pierre, comme dans toute autre, qu'il se forme des crystallisations dans les cavités. Lorsqu'elles sont de silex, leur figure est toujours mamelonnée, mais leur eau ou pureté, leur grandeur et leur couleur n'est pas par tout égale. Il y en a qui sont grands, et de la plus pure calcédoine, d'autres sont petits et chaque goutte ou mamelon contient un grain de sable, de facon que cela a l'air d'un grès crystallisè en mamelons ou stalagmitique. D'autres encore sont, de calcédoine, mais recouverts d'une croûte, tantôt blanche qui fait effervescence avec l'acide minéral, et qui est, par conséquent, de nature calcaire; tantôt cette croûte est bleue foncée nuancée de bleu-celeste; tantôt, enfin, elle est noire, mais toutes les deux réfractaires. Outre ces crystallisations silicieuses, il y en a, quoique rarement, de quartzeuses, qui ou forment de petites veines de crystal, ou bien des groupes de crystaux quartzeux, ou qui enfin, enduisent les mamelons de silex."

Our author then makes a specification of the different varieties; after which he continues, p. 69.

"Après tout ceci, l'on conviendra j'espère, que nôtre grais est une pierre bien singulière, et surpassant, à bien des égards, le grais, faussement dit crystallisé, de Fontainebleau. La raison de la figure du grais François est fort évidente, c'est le spath calcaire, qui lui sert de ciment, qui la lui fit prendre; mais qu'est-ce qui opère les métamorphoses racontées dans notre grai siliceux? Seroit-ce son ciment calcaire ou marneux par les mêmes raisons, qui font changer la marne en silex? La chose est très-probable, et je n'en saurois pas même, deviner d'autre. En ce cas la nature auroit un moyen d'opérer par la voie humide, ce que nous faisons dans nos laboratoires en quelque façon, par la voie sèche, c, a, d, de fondre et liquéfier la terre vitrescible, au moyen des alcalis; secret que nous lui avons déjà arraché en partie, en faisant la liqueur silicieuse."

"Je n'ose, cependant, décider pas même hypothétiquement, sur cette matière, pour n'avoir pu observer la nature dans ses ateliers, et parce que je ne possède que des pièces, qui détachées de leur lieu natal, depuis un très long-tems, furent exposées aux intempéries des saisons, où elles peuvent avoir souffert bien de changemens."

There cannot be a more fair exposition of facts; and it is only our author's opinion of this mineral transmutation that I would controvert. I do not pretend to understand the manner of operating that our author here supposes nature to take. I only maintain, that here, as every where in general, the loose and incoherent strata of the globe have been petrified, that is, consolidated, by means of the fusion of their substances; and this I think is confirmed from the accurate description here given of the flintification of sand-stone. Here is described very distinctly an appearance which is very common or general on those occasions; this is the parts or particles of stone floating in the fluid siliceous substance, and there dissolving more or less.

M. de Carosi describes very systematically the generation of silex, calcedony, onyx, and quartz, in calcareous earth, marl, gypsum, sand-stone, and also what he terms terre glaise, ou de l'Argile. It is in this last that we find a perfect analogy with what is so frequent in this country of Scotland. These are the agates, calcedonies, calcareous and zeolite nodules, which are found produced in our whin-stone or subterraneous lavas, that is, the amygdaloides of Crondstedt. Naturalists explain the formation of those nodular bodies differently. The Chevalier de Dolomieu supposes these rocks to have been erupted lavas, originally containing cavities; and that these cavities in the solid rock had been afterwards filled and crystallised, by means of infiltration, with the different substances which are found variously concreted and crystallised within the solid rocks. Our author, on the contrary, supposes these formed by a species of chemical transmutation of calcareous and argillaceous earths, which, if not altogether incomprehensible, is at least not in any degree, so far as I know, a thing to be understood.

This is not the place where that subject of these particular rocks, which is extremely interesting, is to be examined. We shall afterwards have occasion to treat of that matter at large. It is sufficient here to observe, that our author finds occasion to generalise the formation of those petrifactions with the flintifications in calcareous and gypseous bodies. When, therefore, the formation of any of them shall be demonstrated, as having taken its origin in the fusion of those substances, this mode of operation, which is generalised in the consolidation of strata, will be properly inferred in all the rest.

Petrifaction is a subject in which mineralogists have perhaps wandered more widely from the truth than in any other part of natural history; and the reason is plain. The mineral operations of nature lie in a part of the globe which is necessarily inaccessible to man, and where the powers of nature act under very different conditions from those which we find take place in the only situation where we can live. Naturalists, therefore, finding in stalactical incrustation a cause for the formation of stone, in many respects analogous to what is found in the strata of the earth, and which had come from the mineral region in a consolidated state, have, without due consideration, attributed to this cause all the appearances of petrifaction or mineral concretion. It has been one of the objects of this work to show that this operation of incrustation, or petrifaction by means of solution, is altogether ineffectual for producing mineral concretions; and that, even were it capable of forming those mineral bodies, yet that, in the solid parts of this earth, formed by a deposit of travelled materials at the bottom of the sea, the conditions necessary to this incrustating process do not take place.

Those enlightened naturalists who have of late been employed in carefully examining the evidences of mineral operations, are often staggered in finding appearances inconsistent with the received doctrine of infiltration; they then have recourse to ingenious suppositions, in order to explain that enigma. In giving examples of this kind. I have in view both to represent the natural history these mineralists furnish us with, which is extremely interesting, and also to show the various shapes in which error will proceed, when ingenious men are obliged to reason without some necessary principle in their science. We have just now had an example in Europe; I will next present the reader with one from Asia.