[This and other deciphered letters (Queen Dowager of Scotland to MM. d’Oysel and de la Brosse 29 [April] and “a private man’s letter to d’Oysell” [29 April] 1560) are written on the same sheets of paper, and are endorsed together: “The interceptyd lettres discyphred,” and endorsed in Burghley’s hand: “B. 12. Martii. 20. Martii lettres deciphred from France to the Q. dowag.”[1756]]
APPENDIX II
[P. 98, n. 1]
ARCHIVES NATIONALES,
K. 1,494, PIÈCE NO. 70
[L’Ambassadeur de France, Mr. de L’Aubespine, évêque de Limoges, au Roi d’Espagne, Philippe II]
Tolède, 4 avril 1561
[Suscription] Au Roy.
[Au dos, alia manu] A Su Magestad. Del obispo de Limoges, a IIIIº de Abril 1561.
Sire, par ce que la Royne aura peu escrire à Vostre Majesté et Monsieur le Prince d’Evoly aussi, vous aurez entendu l’estat auquel les choses se retrouvoient parmy les Estatz particuliers en France il y a vingt jours par la malice de quelques ungs mal sentans de la foy, lesquelz avoient faict une menée en certaines provinces afin que l’on feist tomber le gouvernement du royaume en autre main que celuy de la Royne vostre mere, la sentans ferme et constante a n’endurer leurs erreurs et a les punir. Depuis est arrivé l’un de mes gens avec deux pacquetz de Monsieur de Chantone, lesquelz j’ay faict mectre entre les mains de Sajas.[1757] M’advertissant ladicte dame par le mesme courrier que le Roy de Navarre s’est monstré si conforme en tout ce qu’elle a desiré et peu approuvant la temerité de telles entreprinses, qu’il s’est accommodé pour aussi recevoir quelque lieu et contentemant d’estre seul lieutenant general du Roy vostre bon frere en France soubz ladicte dame, afin que la multitude des autres seigneurs et gouverneurs de tout le royaume n’amenast point la confuzion qui y estoit, que l’on eust quelque adresse, et que, par ce moien aussi il feust plus honnoré et respecté d’ung chascun sans aucune diminution de l’authorité de ladicte dame, laquelle, Sire, demeure chef de toutes choses, ayant les quatre secrétaires d’Estat soubz elle, les pacquetz, finances, dons et autres graces avec la personne du Roy, et commande au conseil ainsi que de coustume, tellement que chacun espere, comme aussi faict Sa Majesté et ainsi qu’elle me commande vous dire, Sire, que desormès il y a certaine apparance de toute tranquilité et repos, car ce que dessus est passé, arresté et signé entre eulx et de leurs mains pour articles irrevocables, ayant pour ceste cause mandé aux Estatz qu’ilz eussent à ne penser ne disputter plus sur telz pointz, ains seulement en ce qui concerne le mesnaige du royaume, les reculans et remettans a s’assambler a la fin de l’esté prochain. Et ce pendant, suivant l’instante requeste du peuple, le Roy vostre bon frere, Sire, partira de Fontainebleau incontinent après ce Quasimodo pour se faire sacrer à Reims dedans le XXe de May, et incontinent après sus le mois de Juing faire son entrée à Paris, d’autant que ces deux actes sollemnelz donnent plus d’authorité et contentement à tous nos subjectz, et que, cela faict, la Royne vostre mère pourra aussi, comme elle désire, plus soigneusement user de la main forte et justice en tout ce qui se presentera. Ce que dessus, Sire, amandera, s’il vous plaist, en vostre endroit l’opinion mauvaise que nous avions quant je parlay a Monsieur le prince d’Evoly de l’yssue de noz Estatz, lesquelz, par ce remede, sont frustrez de plus rien toucher ne negotier qui concerne le gouvernement. Me commandant tres expressement la Royne de remercier fort affectionneement Vostre Majesté des bons et roiddes offices desquelz Monsieur de Chantoné a usé près d’elle pendant ces disputz, et asseurant Vostre Majesté que ce luy est obligation telle qu’elle peult faire estat de son amour et affection autant que de sa propre mère, comme de son costé elle se confie tant en sa bonté et amitié que, si l’on eust voulu faire plus de tord a son honneur et preminance, elle eust usé de ce que Dieu a mis. Sire, soubz vostre obeissance, comme de son meilleur amy, desirant que Vostre Majesté face en semblable estat de tout ce que sera en elle. Ceulx, Sire, qui avoient tramé ce que dessus pensoient remuer en nostre conseil et autres endroitz les hommes et honneurs à leur guise; mais, par ce moien, ilz sont hors de leurs desseings. S’estant Monsieur le prince de Condé contenté d’une declaration qu’on luy a donnée pour sa justification, à la charge qu’il peust, quant bon luy sembleroit, estre à la Court près ladicte dame, ainsi qu’il y a esté permis. Monsieur le connestable a, Sire, faict de bons et saiges offices en cet establissement, me chargeant de vous presenter ses tres humbles recomandations, vous requerant, comme font Leurs Majestez, qu’il vous plaise en sa faveur confirmer en Flandres une abbaie de dames à l’une de ses parentes que les religieuses desirent fort depuis le decez de feu madame de Lallain, comme j’éscris à Monsieur le conte d’Horne. Ce que, Sire, j’eusse de bouche esté faire entendre à Vostre Majesté; mais la crainte que j’ay eu de le troubler parmy ces sainctz et devots jours m’excusera s’il luy plaist, et commandera á Monsieur le prince d’Evoly qui cy est, de me faire donner quelque responce sur ceste lettre et sus une precedente que je vous escrivis il y a deux jours, afin que je puisse faire entendre à la Royne vostre bonne mère le contentement que recevrez de ce que dessus et vostre bon conseil. Quant mon courrier partit, Monsieur le conte d’Heu avoit desja esté licencié du Roy et de la Royne mère, et suis attendant, Sire, Monsieur de Montrueil, lieutenant de Monsieur le prince de la Roche-sur-Yon, lequel arrivera icy dedans quatre ou cinq jours, venant devant pour preparer ce qu’il sera de besoing et pour aussi visiter la Royne, qui me faict estimer que ledict seigneur Conte ne sera pas en ceste ville que quatre ou cinq jours après Quasimodo,[1758] dont noz dames ne sont pas contentes, la Royne pour le desir qu’elle a de reveoir Vostre Majesté plustost, et les autres pour leur interest particulier