Au demeurant, Monseigneur, j’ay receu la lettre qu’il vous a pleu m’escripre du XIIIe de ce moys, et veu par le contenu d’icelle comme vous avez resolu deux poinctz. Le premier, de la suppression de tous offices qui vacqueront, pour congnoistre la grand charge que cela apporte à vous et à voz subgectz, pour les gaiges qu’il leur fault payer. Et l’autre, que vous avez commandé qu’il ne soit depesché cy apres aucun office ou benefice dont il vous sera baillé memoire ou placet, que troys moys apres que vous verrez les roolles qui en seront faictz, pour les departir à ceulx qui font service, principallement en ce camp auprès de moy. Ce que je ne fauldray leur faire entendre, suivant ce qu’il vous plaist me mander. J’ay aussy veu le memoire que vous a esté baillé de ce que l’on vous propose pour la conqueste que vous pouvez faire à l’Yndie avec peu de despence, laquelle je ne puis trouver que très bonne, lorsque vous serez en paix et que voz affaires le pourront permectre, y estans les richesses et commoditez portées par ledict memoire. Vous sçavez combien telles entreprises et conquestes ont apporté de proffict au feu Empereur et Roy Catholique, pour le grand nombre d’or qu’il a tiré et tire ordinairement du Peyrou, tellement que, sans cela, il n’eust eu moyen d’entretenir et soldoyer les armées et forces qu’il a entretenues jusques à present, qui me faict vous conseiller (soubz vostre meilleur adviz) de ne laisser poinct perdre ceste occasion, quand vous congnoistrez qu’elle pourra estre mise a execution. Presentement, j’ay eu nouvelles que le Sr Paul Emille a tant faict que ceulx de La Rochelle qui le detiennent prisonnier l’ont mis à rançon pour mil escruz, dont aulcuns de ses amys ont respondu pour luy. Laquelle somme il n’a aucun moyen de fournir, si ce n’est de vostre liberalité, grace et specialle faveur, laquelle je vous supplie vouloir estendre en luy pour cest effect, et luy faire paroistre la souvenance que vous avez tousjours eu de ceulx qui vous font service. Aussy, Monseigneur, j’ay esté adverty que l’estat de viceneschal de la Haulte et Basse Marche, qui est ès terres de mon apennaige est a present vacant par mort, la disposition et provision duquel neanmoins vous appartient. A ceste cause, je vous supplie encores le vouloir accorder aux Sieurs de Villequier, pour lesquelz je vous en faictz requeste, et commander que la depesche et provision soit faicte en leur faveur au nom de tel personnaige suffisant et cappable qu’ilz nommeront et non autrement. Sur ce je supplieray le Createur vous donner,

Monseigneur, en tres bonne santé, très longue et très heureuse vie.

Escript à la Guierche, le XIXme jour de janvier 1573.

[Propria manu] Vostre tres humble et tres obeissant frere et subget.

Henry

[Original]


APPENDIX XXXI

[P. 458, n. 3]

STATE PAPERS, FOREIGN