- Dan tan lé zote foi, compair Chivreil avé compair
Dans temps les autres fois, compère Chevreuil avec compère - Torti té tou lé dé apé fé lamou à Mamzel Calinda.
Tortue étaient tous les deux après faire l'amour à Mademoiselle Calinda. - Mamzel Calinda té linmin mié compair Chivreil, cofair
Mlle. Calinda avait aimé mieux compère Chevreuil, [pour] quoi faire - li pli vaïan; mé li té linmin compair Torti oucite,
le plus vaillant; mais elle avait aimé compère Tortue aussi, - li si tan gagnin bon tchor! Popa Mamzel Calinda di li:
il si tant gagner bon cœur! Papa Mlle. Calinda dire lui: - "Mo fie, li tan to maïé; fo to soizi cila to oulé." Landimin,
"Ma fille, il (est) temps te marier; faut te choisir cela tu voulez." Lendemain, - compair Chivreil avé compair Torti rivé tou yé dé coté Mlle. C.
compère Chevreuil avec compère Tortue arriver tous eux de côté Mlle. C. - Mamzel C., qui té zonglé tou la nouite, di yé: "Michié Chivreil
avé
Mlle. C., qui avait songé toute la nuit, dire eux: "Monsieur Chevreuil avec - Michié Torti, mo popa oulé mo maïe. Mo pa oulé di ain
Monsieur Tortue, mon papa vouloir me marier. Moi pas vouloir dire un - dan ouzote non. Ouzote a galopé ain lacourse dice foi cate
dans vous autres non. Vous autres va galopper une la course dix fois quatre - narpan; cila qui sorti divan, ma maïe avé li. Apé dimin
arpents; cela qui sortir devant, moi va marier avec lui. Après demain - dimance, ouzote a galopé." Yé parti couri, compair Chivreil
dimanche, vous autres va galopper." Eux partir courir, compère Chevreuil - zo tchor contan; compair Torti apé zonglé li-minme:
son cœur content; compère Tortue après songer lui-même: - "Dan tan pacé, mo granpopa bate compair Lapin pou
"Dans temps passé, mon grandpapa battre compère Lapin pour - galopé. Pa conin coman ma fé pou bate compair Chivreil."
galopper. Pas conner (= connaître) comment moi va faire pour battre compère Chevreuil." - Dan tan cila, navé ain vié, vié cocodri qui té gagnin
Dans temps cela en avait un vieux, vieux crocodile qui avait gagné - plice pacé cincante di zan. Li té si malin, yé té pelé li
plus passé cinquante dix ans. Lui était si malin, eux avaient appelé lui - compair Zavoca. La nouite vini, compair Torti couri trouvé
compère Avocat. La nuit venir, compère Tortue courir trouver - compair Zavoca, é conté li coman li baracé pou so
compère Avocat, et conter lui comment lui embarrasser pour sa - lacourse. Compair Zavoca di compair Torti: "Mo ben
la course. Compère Avocat dire compère Tortue: "Moi bien - oulé idé toi, mo gaçon; nou proce minme famie; la tair
vouloir aider toi, mon garçon; nous proche même famille; la terre - avé do lo minme kichoge pou nizote. Mo zonglé zafair avec de l'eau même quelquechose pour nous autres. Moi va songer cette affaire
- To vini dimin bon matin; ma di toi qui pou fé."
Toi venir demain bon matin; moi va dire toi que pour faire." - Compair Torti couri coucé; mé li pas dromi boucou,
Compère Tortue courir coucher; mais lui pas dormir beaucoup, - li té si tan tracassé. Bon matin li parti couri
lui était si tant tracassé. Bon matin lui partir courir - coté compair Zavoca. Compair Zavoca dija diboute apé
côté compère Avocat. Compère Avocat déjà debout après - boi so café. "Bonzou, Michié Zavoca." "Bonzou, mo
boire son café. "Bonjour, Monsieur Avocat." "Bonjour, mon - gaçon. Zafair cila donne moin boucou traca; min mo
garçon. Cette affaire cela donne moi beaucoup tracas; mais moi - cré ta bate compair Chivreil, si to fé mékié ma di toi."
crois toi va battre compère Chevreuil, si toi fais métier moi va dire toi." - "Vouzote a pranne jige jordi pou misiré chimin au ra
"Vous autres va prendre juge aujourd'hui pour mesurer chemin au ras - bayou; chac cate narpan mété jalon. Compair Chivreil a
bayou; chaque quatre arpents mettez jalon. Compère Chevreuil va - galopé on la tair; toi, ta galopé dan dolo. To ben compranne
galopper en la terre; toi, tu va galopper dans de l'eau. Toi bien comprendre - ça mo di toi?" "O, oui, compair Zavoca, mo ben
cela moi dire toi?" "O, oui, compère Avocat, moi bien - couté ton ça vapé di." "A soua, can la nouite vini, écouter tout cela vous après dire." "Le soir, quand la nuit venir,
- ta couri pranne nef dan to zami, é ta chaché aine dan
toi va courir prendre neuf dans tes amis, et toi va cacher un dans - zerb au ra chakène zalon yé. Toi, ta couri caché au ra
herbe au ras chacun jalon eux. Toi, toi va courir cacher au ras - la mison Mamzel Calinda. To ben compranne ça mo di toi?"
la maison Mlle. Calinda. Toi bien comprendre cela moi dire toi?" - "O, oui, compair Zavoca, mo tou compranne mékié ça vou
"O, oui, compère Avocat, moi tout comprendre métier cela vous - di." "Eben! couri paré pou sové lonnair nou nachion."
dire." "Eh bien! courir préparer pour sauver l'honneur notre nation." - Compair Torti couri coté compair Chivreil é rangé tou
Compère Tortue courir côté compère Chevreuil et arranger tout - kichoge compair Zavoca di li. Compair Chivreil si tan sire
quelquechose compère Avocat dire lui. Compère Chevreuil si tant sûr - gagnin lacourse, li di oui tou ça compair Torti oulé.
gagner la course, lui dire oui tout cela compère Tortue vouloir. - Landimin bon matin, ton zabitan semblé pou oua
Lendemain bon matin, tous habitants assembler pour voir - gran lacourse. Can lhair rivé, compair Chivreil avé
grande la course. Quand l'heure arriver, compère Chevreuil avec - compair Torti tou lé dé paré. Jige la crié: "Go!" é yé compère Tortue tous les deux préparés. Juge là crier: "Go!" et eux
- parti galopé. Tan compair Chivreil rivé coté primié
partir galopper. Temps compère Chevreuil arriver côté premier - zalon, li hélé: "Halo, compair Torti!" "Mo la, compair
jalon, lui héler: "Halo, compère Tortue!" "Moi là, compère - Chivreil!" Tan yé rivé dézième zalon, compair Chivreil
Chevreuil!" Temps eux arriver deuxième jalon, compère Chevreuil - siffle: "Fioute!" Compair Torti réponne: "Croak!" Troisième
siffler: "Fioute!" Compère Tortue répondre: "Croak!" Troisième - zalon bouté, compair Torti tink-à-tink avé compair
jalon au bout, compère Tortue tingue-à-tingue avec compère - Chivreil. "Diâbe! Torti la galopé pli vite
Chevreuil. "Diable! Tortue là galopper plus vite - pacé stimbotte; fo mo grouyé mo cor." Tan compair
passé steamboat; faut moi grouiller mon corps." Temps compère - Chivreil rivé coté névième zalon, li oua compair Torti
Chevreuil arriver côté neuvième jalon, lui voir compère Tortue - apé patchiou dan dolo. Li mété ton so laforce
après patchiou! dans de l'eau. Lui mettre toute sa la force - dihior pou aïen; avan li rivé coté bite, li tendé
dehors pour rien; avant lui arriver côté but, lui entendre - ton monne apé hélé: "Houra! houra! pou compair Torti!"
tout monde après héler: "Hourra! hourra! pour compère Tortue!" - Tan li rivé, li oua compair Torti on la garlie apé Temps lui arriver, lui voir compère Tortue en la galerie après
- brassé Mamzel Calinda. Ca fé li si tan mal, li
embrasser Mlle. Calinda. Cela faire lui si tant mal, lui - sapé dan boi. Compair Torti maïé avé Mamzel Calinda
s'échapper dans bois. Compère Tortue marier avec Mlle. Calinda - samedi apé vini, é tou monne manzé, boi, jika
samedi après venir, et tout monde manger, boire jusqu'à - y tchiak.[i_22]
eux griser.
It only remains to be said that none of the stories given in the present volume are "cooked." They are given in the simple but picturesque language of the negroes, just as the negroes tell them. The Ghost-story, in which the dead woman returns in search of the silver that had been placed upon her eyes, is undoubtedly of white origin; but Mr. Samuel L. Clemens (Mark Twain) heard it among the negroes of Florida, Missouri, where it was "The Woman with the Golden Arm." Fortunately, it was placed in the mouth of 'Tildy, the house-girl, who must be supposed to have heard her mistress tell it. But it has been negroized to such an extent that it may be classed as a negro legend; and it is possible that the white version is itself based upon a negro story. At any rate, it was told to the writer by different negroes; and he saw no reason to doubt its authenticity until after a large portion of the book was in type. His relations to the stories are simply those of editor and compiler. He has written them as they came to him, and he is responsible only for the setting. He has endeavored to project them upon the background and to give them the surroundings which they had in the old days that are no more; and it has been his purpose to give in their recital a glimpse of plantation life in the South before the war. If the reader, therefore, will exercise his imagination to the extent of believing that the stories are told to a little boy by a group of negroes on a plantation in Middle Georgia, before the war, he will need neither foot-note nor explanation to guide him.
In the preparation of this volume the writer has been placed under obligations to many kind friends. But for the ready sympathy and encouragement of the proprietors of "The Atlanta Constitution"—but for their generosity, it may be said—the writer would never have found opportunity to verify the stories and prepare them for the press. He is also indebted to hundreds of kind correspondents in all parts of the Southern States, who have interested themselves in the work of collecting the legends. He is particularly indebted to Mrs. Helen S. Barclay, of Darien, to Mr. W. O. Tuggle, to Hon. Charles C. Jones, Jr., to the accomplished daughters of Mr. Griswold, of Clinton, Georgia, and to Mr. John Devereux, Jr., and Miss Devereux, of Raleigh, North Carolina.
J. C. H.
Atlanta, Georgia.
FOOTNOTES:
[i_1] Uncle Remus; His Songs and His Sayings. The Folk-Lore of the Old Plantation. New York: D. Appleton & Co. 1880.
[i_2] Amazonian Tortoise Myths, pp. 2, 3.
[i_3] Page 10.
[i_4] Kaffir Folk-Lore; or, A Selection from the Traditional Tales current among the People living on the Eastern Border of the Cape Colony. London, 1882.