La pauvre petite minorité est en butte aux injures, aux calomnies, et traquée par la Civiltà, l'Univers, le Monde, l'Union, l'Osservatore et la Correspondance de Rome. Ces journaux sont autorisés et encouragés. Ils soulèvent contre nous le clergé de nos diocèses, et ce clergé applaudi. Un de nous a osé écrire contre son collègue, est il n'a pas reçu un blâme officiel.

Mais voici ce qui achève d'opprimer notre liberté: elle est écrasée de tout le poids du respect que nous portons à notre chef.

La question est pendante; elle n'est pas même à l'ordre du jour, les juges de droit divin sont réunis et attendent pour la traiter. Or, en pleines assises, le chef se sert de sa haute et divine autorité pour blâmer devant les prêtres qui lui sont présentés leurs évêques mineurs. Il fait l'éloge funèbre de M. de Montalembert devant 400 personnes; il écrit à Dom Guéranger, à l'Abbé de Cabrières de Nîmes, qui s'est dressé devant l'Évêque d'Orléans, aux diocèses dont les prêtres font des Adresses pour forcer la main à leurs mandataires; [pg 840] et il fait tout cela en termes tels que la Gazette du Midi et tutti quanti déclarent qu'il n'est plus permis ni aux évêques ni à personne de soutenir le contraire; et on appelle cela de la liberté!

On nous menace de passer par-dessus une minorité imposante, contrairement à toute la tradition, de fouler aux pieds la règle suprême de saint Vincent de Lerins: Quod ubique, quod semper, quod ab omnibus. On prêche que l'unanimité morale n'est pas nécessaire, que le chef est maître de tout, et que nous devons rendre des services et non point des sentences, faire de l'affection quand il s'agit de la foi. Voilà notre liberté! Un Cardinal me disait pour conclusion: “Mon cher, nous allons aux abîmes.”

Tout cela est capable d'ébranler les faibles, de désagréger ce qui tient à si peu.

Je crois vous avoir peint la position ce qu'elle est. Priez pour nous, faites valoir la chose, parce qu'elle est vraie, parce que je crois servir l'Eglise en vous la révélant.

Après mes souffrances de cet hiver, je ne pense pas pouvoir affronter les chaleurs.... D'ailleurs, Dieu seul peut nous sauver.


Appendix III.