On sait à Rome que vous aviez l'intention de rédiger une note ou un memorandum qui devrait être appuyé par les puissances.
Si vous agissez, vous serez appuyés. Ici les diplomates se plaignent de votre inaction.
Mais il faut agir immédiatement, on veut introduire l'infaillibilité après Pâques.
Vous ne pouvez rien faire par le M. de Banneville. Ses collègues ne le comptent pour rien, sinon pour un obstacle.
Il ne faut pas vous mettre exclusivement sur le terrain des canons des Ecclesia. On vous répondrait, soit en supprimant les Canons auxquels vous vous opposez; soit en disant que cela ne vous touche pas, à cause du concordat; soit, enfin, en les expliquant dans un sens qui vous paraîtra satisfaisant, quitte à décréter après tous les Canons, tous les Syllabus qu'ils voudront, et les plus formidables. Mais il y a un terrain où vous êtes invincibles, et sur lequel les puissances vous suivent. C'est celui de la liberté du [pg 851] Concile et du droit publique de l'Église, sous la protection duquel vos évêques sont venus à Rome.
Cette liberté n'existe plus. Ce droit est violé sur un point que plus de 100 évêques ont déclaré de la dernière importance.
Leur protestation vous donne un point de départ et des arguments invincibles.
Ces évêques déclarent que le Règlement est contraire à la loi de l'Église sur le point décisif de la Majorité. Car ce droit, depuis Nicée jusqu'à Trente, déclare que la règle indisputable et certaine pour les définitions dogmatiques c'est l'unanimité morale, et non la majorité.
Un nombre immense de faits confirme leur protestation:
Les scènes de violence faites à Haynald et à Strossmayer.—Les Présidents n'ont pas cherché à protéger leur droit et liberté de parole, tout au contraire.