Il prescrira que la totalité des bagages restent en arrière, parqués et réunis, jusqu’ au moment où le vaguemestre général leur donnera l’ordre d’avancer.

M. le comte Reille fera battre la diane à deux heures et demie du matin, et il mettra en marche le 2e corps à trois heures; il le dirigera sur Marchienne-au-Pont, où il fera en sorte d’être rendu avant neuf heures du matin. Il fera garder tous les ponts de la Sambre, afin que personne ne passe; les postes qu’il laissera seront successivement relevés par le 1er corps; mais il doit tâcher de prévenir l’ennemi à ces ponts pour qu’ils ne soient pas détruits, surtout celui de Marchienne, par lequel il sera probablement dans le cas de déboucher, et qu’il faudrait faire aussitôt réparer s’il avait été endommagé.

A Thuin et à Marchienne, ainsi que dans tous les villages sur sa route, M. le comte Reille interrogera les habitants, afin d’avoir des nouvelles des positions et forces des armées ennemies. Il fera aussi prendre les lettres dans les bureaux de poste et les dépouillera pour faire aussitôt parvenir à l’Empereur les renseignements qu’il aura obtenus.

M. le comte d’Erlon mettra en marche le 1er corps à trois heures du matin, et le dirigera aussi sur Charleroi, en suivant le mouvement du 2e corps, duquel il gagnera la gauche le plus tôt possible, pour le soutenir et l’appuyer au besoin. Il tiendra une brigade de cavalerie en arrière, pour se couvrir et pour maintenir par de petits détachements ses communications avec Maubeuge. Il enverra des partis en avant de cette place, dans les directions de Mons et de Binche, jusqu’ à la frontière, pour avoir des nouvelles des ennemis et en rendre compte aussitôt; ces partis auront soin de ne pas se compromettre et de ne pas dépasser la frontière.

M. le comte d’Erlon fera occuper Thuin par une division; et, si le pont de cette ville était détruit, il le ferait aussitôt réparer, en même temps qu’il fera tracer et exécuter immédiatement une tête de pont sur la rive gauche. La division qui sera à Thuin gardera aussi le pont de l’abbaye d’Aulne, où M. le comte d’Erlon fera également construire une tête de pont sur la rive gauche.

Le même ordre de marche prescrit au 3e corps pour l’artillerie, les ambulances et les bagages, sera observé aux 2 e et 1er corps, qui feront réunir et marcher leurs bagages à la gauche du 1er corps sous les ordres du vaguemestre le plus ancien.

Le 4e corps (armée de la Moselle) a reçu ordre de prendre aujourd’hui position en avant de Philippeville. Si son mouvement est opéré et si les divisions qui composent ce corps d’armée sont réunies, M. le lieutenant général Gérard les mettra en marche demain à trois heures du matin, et les dirigera sur Charleroi. Il aura soin de se tenir à hauteur du 3e corps, avec lequel il communiquera, afin d’arriver à peu près en même temps devant Charleroi; mais le général Gérard fera éclairer sa droite et tous les débouchés qui vont sur Namur. Il marchera serré en ordre de bataille, et fera laisser à Philippeville tous ses bagages et embarras, afin que son corps d’armée, se trouvant plus léger, se trouve à même de manœuvrer.

Le général Gérard donnera ordre à la 14e division de cavalerie, qui a dû aussi arriver aujourd’hui à Philippeville, de suivre le mouvement de son corps d’armée sur Charleroi, où cette division joindra le 4e corps de cavalerie.

Les lieutenants généraux Reille, Vandamme, Gérard et Pajol se mettront en communication par de fréquents partis, et ils régleront leur marche de manière à arriver en masse et ensemble devant Charleroi. Ils mettront, autant que possible, à l’avant-garde des officiers qui parlent flamand, pour interroger les habitants et en prendre des renseignements; mais ces officiers s’annonceront comme commandant des partis, sans dire que l’armée est en arrière.

Les lieutenants généraux Reille, Vandamme et Gérard feront marcher tous les sapeurs de leurs corps d’armée (ayant avec eux des moyens pour réparer les ponts) après le premier régiment d’infanterie légère, et ils donneront ordre aux officiers du génie de faire réparer les mauvais passages, ouvrir des communications latérales et placer des ponts sur les courants d’eau où l’infanterie devrait se mouiller pour les franchir.