Pendant ce temps, le général Reille passait la Sambre à Marchienne-au-Pont, pour se porter sur Gosselies avec les divisions du prince Jérôme et du général Bachelu, attaquait l’ennemi, lui faisait 250 prisonniers et le poursuivait sur la route de Bruxelles.
Nous devînmes ainsi maîtres de toute la position de Fleurus.
A huit heures du soir, l’Empereur rentra à son quartier général à Charleroi.
Cette journée coûte à l’ennemi cinq pièces de canon et 2,000 hommes, dont 1,000 prisonniers. Notre perte est de 10 hommes tués et de 80 blessés, la plupart des escadrons de service, qui ont fait les charges, et des trois escadrons de 20e de dragons, qui ont aussi chargé un carré avec la plus grande intrépidité. Notre perte, légère quant au nombre, a été sensible à l’Empereur, par la blessure grave qu’a reçue le général Letort, son aide-de-camp, en chargeant à la tête des escadrons de service. Cet officier est de la plus grande distinction. Il a été frappé d’une balle au bas-ventre, et le chirurgien fait craindre que sa blessure ne soit mortelle.
Nous avons trouvé à Charleroi quelques magasins. La joie des Belges ne saurait se décrire. Il y a des villages qui, à la vue de leurs libérateurs, ont formé des danses, et partout c’est un élan qui part du cœur.
Dans le rapport de l’état-major général, on insérera les noms des officiers et soldats qui se sont distingués.
L’Empereur a donné le commandement de la gauche au prince de la Moskova, qui a eu le soir son quartier général aux Quatre-Chemins, sur la route de Bruxelles.
Le due de Trévise, à qui l’Empereur avait donné le commandement de la jeune Garde, est resté à Beaumont, malade d’une sciatique qui l’a forcé de se mettre au lit.
Le 4e corps, commandé par le général Gérard, arrive ce soir à Châtelet. Le général Gérard a rendu compte que le lieutenant général Bourmont, le colonel Clouet et le chef d’escadron Villoutreys ont passé à l’ennemi. Un lieutenant du 11e de chasseurs a également passé à l’ennemi. Le major général a ordonné que ces déserteurs fussent sur-le-champ jugés conformément aux lois.
Rien ne peut peindre le bon esprit el l’ardeur de l’armée. Elle regarde comme un événement heureux la désertion de ce petit nombre de traîtres, qui se démasquent ainsi.