XXVII.
SOULT’S LETTER TO NEY: June 17, 1815.

Doc. Inéd., p. 45.

A M. LE MARÉCHAL

Prince de la Moskowa.

Flerus, le 15 [17] juin 1815.

Monsieur le Maréchal, le général Flahaut, qui arrive à l’instant, fait connaître que vous êtes dans l’incertitude sur les résultats de la journée d’hier. Je crois cependant vous avoir prévenu de la victoire que l’empereur a remportée. L’armée prussienne a été mise en déroute, le général Pajol est à sa poursuite sur les routes de Namur et de Liége. Nous avons déjà plusieurs milliers de prisonniers et 30 piéces de canon. Nos troupes se sont bien conduites: une charge de six bataillons de la garde, des escadrons de service et la division de cavalerie du général Delort a percé la ligne ennemie, porté le plus grand désordre dans ses rangs et enlevé la position.

L’empereur se rend au moulin de Bry où passe la grande route qui conduit de Namur aux Quatre-Bras; il n’est donc pas possible que l’armée anglaise puisse agir devant vous; si cela était, l’empereur marcherait directement sur elle par la route des Quatre-Bras, tandis que vous l’attaqueriez de front avec vos divisions qui, à présent, doivent être réunies, et cette armée serait dans un instant détruit. Ainsi, instruisez Sa Majesté de la position exacte des divisions, et de tout ce qui se passe devant vous.

L’empereur a vu avec peine que vous n’ayez pas réuni hier les divisions; elles out agi isolément; ainsi, vous avez éprouvé des pertes.

Si les corps des comtes d’Erlon et Reille avaient été ensemble, il ne réchappait pas un Anglais du corps qui venait vous attaquer. Si le comte d’Erlon avait exécuté le mouvement sur St. Amand que l’empereur a ordonné, l’armée prussienne était totalement détruite, et nous aurions fait peut-être 30,000 prisonniers.

Les corps des généraux Gérard, Vandamme et la garde impériale ont toujours été réunis; l’on s’expose à des revers lorsque des détachements sont compromis.