Grouchy Mém. vol. 4, p. 71.

Sart-à-Walhain le 18 juin, onze heures du matin.

Sire:

Je ne perds pas un moment à vous transmettre les renseignements que je recueille ici; je les regarde comme positifs, et afin que Votre Majesté les reçoive le plus promptement possible, je les lui expédie par le major La Fresnaye, son ancien page; il est bien monté et bon écuyer.

Les 1er, 2e et 3e corps de Blücher marchent dans la direction de Bruxelles. Deux de ces corps out passé à Sart-à-Walhain, ou à peu de distance, sur la droite; ils ont défilé en trois colonnes, marchant à peu près de même hauteur. Leur passage a duré six heures sans interruption. Ce qui a défilé en vue de Sart-à-Walhain peut-être évalué à trente mille hommes au moins, et avait un matériel de cinquante à soixante bouches à feu.

Un corps venant de Liége a effectué sa jonction avec ceux qui out combattu à Fleurus. (Ci-joint une réquisition qui le prouve.) Quelques-uns des Prussiens que j’ai devant moi se dirigent vers la plaine de la Chyse, située près de la route de Louvain, et à deux lieues et demie de cette ville.

Il semblerait que ce serait à dessein de s’y masser ou de combattre les troupes qui les y poursuivraient, ou enfin de se réunir à Wellington, projet annoncé par leurs officiers, qui, avec leur jactance ordinaire, prétendent n’avoir quitté le champ de bataille, le 16, qu’afin d’opérer leur réunion avec l’armée anglaise sur Bruxelles.

Ce soir, je vais être massé à Wavres, et me trouver ainsi entre Wellington, que je présume en retraite devant Votre Majesté, et l’armée prussienne.

J’ai besoin d’instructions ultérieures sur ce que Votre Majesté ordonne que je fasse. Le pays entre Wavres et la plaine de la Chyse est difficile, coupé, et marécageux.