Finally—and I feel very much as if I had been preaching a sermon—I should, to put it all as shortly as possible, advise you, my brother simple Briton—not you, the experienced diners, who have been expressly warned off from this lecture—in ordering your dinner to get the aid of the manager, and failing him the maître d'hôtel, never to be hustled by an underling into ordering a big dinner when you want a small one, and never to be afraid of asking what the composition of a dish is.
The following little essay on the duties of a maître d'hôtel which Mons. Joseph has sent me speaks most eloquently for itself:
Mon cher Colonel—
Vous me demandez pour votre nouveau livre des recettes. Méfiez-vous des recettes. Depuis la cuisinière bourgeoise et le Baron Brisse on a chanté la chanson sur tous les airs et sur tous les tons. Et qu'en reste-t'il; qui s'en souvient? Je veux dire dans le public aristocratique pour qui vous écrivez, et que vous comptez intéresser avec votre nouvelle publication, cherchez le nouveau dans les à propos de table, donnez des conseils aux maîtresses de maison, qui dépensent beaucoup d'argent pour donner des dîners fatiguants, trop longs, trop compliqués; dîtes leur qu'un bon dîner doit être court, que les convives doivent manger et non goûter, qu'elles exigent de leur cuisinier ou cuisinière de n'être pas trop savants, qu'ils respectent avant tout le goût que le bon Dieu a donné à toutes choses de ne pas les dénaturer par des combinaisons, qui à force d'être raffinées deviennent barbares.
On a beaucoup parlé du cuisinier. Si nous exposions un peu ce que doit être le Maître d'Hôtel.
Le Maître D'Hôtel Français
La plus grande force du Maître d'hôtel français, je dis maître d'hôtel français à dessein, car si le cuisinier français a su tirer parti des produits de la nature avec un art infini, pour en faire des aliments aimables, agréables, et bienfaisants, le Maître d'hôtel français seul est susceptible de les faire accepter et désirer. Or voilà pour le Maître d'hôtel le champ qu'il a à explorer. Champ vaste s'il en fût, car déviner avec tact ce qui peut plaire à celui-ci et ne pas plaire à celui-là, est un problème à résoudre selon la nature, le tempérament et la nationalité de celui qu'il doit faire manger. Il doit donc être le conseil, le tentateur, et le metteur en scène. Il faut pour être un maître d'hôtel accompli, mettre de côté, ou du moins ne pas laisser percer le but commercial, tout en étant un commerçant hors ligne (je parle ici du maître d'hôtel public de restaurant, attendu que dans la maison particulière, le commerce n'a rien à voir, ce qui simplifie énormement le rôle du maître d'hôtel. Pour cela il faut être un peu diplomate, et un peu artiste dans l'art de dire, afin de colorer le projet de repas que l'on doit soumettre à son dîneur). Il faut donc agir sur l'imagination pour fair oublier la machine que l'on va alimenter, en un mot masquer le côté matériel de manger. J'ai acquis la certitude qu'un plat savamment préparé par un cuisinier hors ligne peut passer inaperçu, ou inapprecié si le maître d'hôtel, qui devient alors metteur en scène, ne sait pas présenter l'œuvre, de façon à le faire désirer, de sorte que si ce mets est servi par un maître d'hôtel qui n'en comprend pas le caractère, il lui sera impossible de lui donner tout son relief, et alors l'œuvre du cuisinier sera anéanti et passera inaperçu.
Ce maître d'hôtel doit être aussi un observateur et un juge et doit transmettre son appréciation au chef de cuisine, mais pour apprécier il faut savoir, pour savoir il faut aimer son art, le maître d'hôtel doit être un apôtre.