“Cette définition, que nous traduisons littéralement, n’est pas lumineuse; elle conviendrait également à la manière dont Alexandre parle et agit dans Plutarque, et à celle dont Sancho parle et agit dans Cervantes. II y a apparence que l’humour est comme l’esprit, et que ceux qui en ont le plus ne savent pas trop bien ce que c’est.

“Nous croyons que ce genre de plaisanterie consiste surtout dans des idées ou des tournures originales, qui tiennent plus au caractère qu’à l’esprit, et qui semblent échapper à celui qui les produit.

“L’homme d’humour est un plaisant sérieux, qui dit des choses plaisantes sans avoir l’air de vouloir être plaisant. Au reste, une scene de Vanbrugh ou une satire de Swift, feront mieux sentir ce que c’est, que toutes les définitions du monde. Quant à la prétention de quelques Anglais sur la possession exclusive de l’humour, nous pensons que si ce qu’ils entendent par ce mot est un genre de plaisanterie qu’on ne trouve ni dans Aristophane, dans Plaute, et dans Lucien, chez lea anciens; ni dans l’Arioste, le Berni, le Pulci, et tant d’autres, chez les Italiens; ni dans Cervantes, chez les Espagnols; ni dans Rabener, chez les Allemands; ni dans le Pantagruel, la satire Ménippée, le Roman comique, les comédies de Molière, de Dufrèny, de Regnard etc., nous ne savons pas ce que c’est, et nous ne prendrons pas la peine de la chercher.”—Suard, Mélanges de Littérature, vol. iv. p. 366.]

19 ([return])
[ See Botanic Garden, canto 2.]

20 ([return])
[ De Retz’ Memoirs.]

21 ([return])
[ M. de Saint Lambert, Oeuvres Philosophiques, tome ii.]