CHAPTER XVI.

PUBLISHES "PHYSICAL GEOGRAPHY"—LETTER FROM HUMBOLDT—CHRISTMAS AT COLLINGWOOD—LETTER FROM MRS. SOMERVILLE—FARADAY—LETTER FROM FARADAY—KEITH JOHNSTONE'S MAPS—WINTER AT MUNICH—SALZBURG—LAKE OF GARDA—MINISCALCHI—POEM BY CATERINA BRENZONI—LETTER FROM BRENZONI—LETTER FROM MRS. SOMERVILLE—ÉLOGE BY MINISCALCHI—WINTER AT TURIN—BARON PLANA—CAMILLO CAVOUR—COLLINE NEAR TURIN—GENOA—TERESA DOVIA—FLORENCE—MISS F.P. COBBE—VIVISECTION—EXCURSIONS IN THE NEIGHBOURHOOD—CHOLERA—MISERICORDIA—PIO NONO IN TUSCANY—COMET—TUSCAN REVOLUTION—WAR IN LOMBARDY—ENTRY OF VICTOR EMMANUEL INTO FLORENCE—LETTERS FROM MRS. SOMERVILLE—MY FATHER'S DEATH—LETTER FROM MISS COBBE.

We spent the autumn in visiting my relations on the banks of the Tweed. I was much out of health at the time. As winter came on I got better, and was preparing to print my "Physical Geography" when "Cosmos" appeared. I at once determined to put my manuscript in the fire when Somerville said, "Do not be rash—consult some of our friends—Herschel for instance." So I sent the MS. to Sir John Herschel, who advised me by all means to publish it. It was very favourably reviewed by Sir Henry Holland in the "Quarterly," which tended much to its success. I afterwards sent a copy of a later edition to Baron Humboldt, who wrote me a very kind letter in return.


BARON HUMBOLDT TO MRS. SOMERVILLE.

A Sans Souci, ce 12 Juillet, 1849.

C'est un devoir bien doux à remplir, Madame, que de vous offrir l'hommage renouvellé de mon dévouement et de ma respectueuse admiration. Ces sentimens datent de bien loin chez l'homme antidiluvien auquel vous avez daigné adresser des lignes si aimables et la nouvelle édition de ce bel ouvrage qui m'a charmé et instruit dès qu'il avait paru pour la première fois. A cette grande supériorité que vous possedez et qui a si noblement illustré votre nom, dans les hautes régions de l'analyse mathématique, vous joignez, Madame, une variété de connaissances dans toutes les parties de la physique et de l'histoire naturelle descriptive. Après votre "Mechanism of the Heavens," le philosophique ouvrage "Connexion of the Physical Sciences" avait été l'objet de ma constante admiration. Je l'ai lu en entier et puis relu dans la septième édition qui a paru en 1846 dans les tems où nous étions plus calme, où l'orage politique ne grondait que de loin. L'auteur de l'imprudent "Cosmos" devoit saluer plus que tout autre la "Géographie Physique" de Mary Somerville. J'ai su me la procurer dès les premières semaines par les soins de notre ami commun le Chev. Bunsen. Je ne connais dans aucune langue un ouvrage de Géographie physique que l'on pourrait comparer au votre. Je l'ai de nouveau étudié dans la dernière édition que je dois à votre gracieuse bienveillance. Le sentiment de précision que vos habitudes de "Géomètre" vous ont si profondement imprimé, pénètre tous vos travaux, Madame. Aucun fait, aucune des grandes vues de la nature vous échappent. Vous avez profité et des livres et des conversations des voyageurs dans cette malheureuse Italie où passe la grande route de l'Orient et de l'Inde. J'ai été surpris de la justice de vos aperçus sur la Géographie des plantes et des animaux. Vous dominez dans ces régions comme en astronomie, en météorologie, en magnetisme. Que n'ajoutez-vous pas la sphère céleste, l'uranologie, votre patrimoine, à la sphère terrestre? C'est vous seule qui pourriez donner à votre belle litérature un ouvrage cosmologique original, un ouvrage écrit avec cette lucidité et ce goût que distingue tout ce qui est émané de votre plume. On a, je le sais, beaucoup de bienveillance pour mon Cosmos dans votre patrie; mais il en est des formes de composition littéraires, comme de la variété des races et de la différence primitive des langues. Un ouvrage traduit manque de vie; ce que plait sur les bords du Rhin doit paraître bizarre sur les bords de la Tamise et de la Seine. Mon ouvrage est une production essentiellement allemande, et ce caractère même, j'en suis sûr, loin de m'en plaindre lui donne le goût du terroir. Je jouis d'une bonne fortune à laquelle (à cause de mon long séjour en France, de mes prédilections personnelles, de mes hérésies politiques) le Léopard ne m'avait pas trop accoutumé. Je demande à l'illustre auteur du volume sur la Mécanique Céleste d'avoir le courage d'agrandir sa Géographie Physique. Je suis sûr que le grand homme que nous aimons le plus, vous et moi, Sir John Herschel, serait de mon opinion. Le Monde, je me sers du titre que Descartes voulait donner à un livre dont nous n'avons que de pauvres fragmens; le Monde doit être écrit pour les Anglais par un auteur de race pure. Il n'y a pas de sève, pas de vitalité dans les traductions les mieux faites. Ma santé s'est conservé miraculeusement à l'âge de quatre-vingts ans, de mon ardeur pour le travail nocturne au milieu des agitations d'une position que je n'ai pas besoin de vous depeindre puisque l'excellente Mademoiselle de —— vous l'a fait connaître. J'ai bouleversé, changé mes deux volumes des "Ansichten." Il n'en est resté que 1/4. C'est comme un nouvel ouvrage que j'aurai bientôt le bonheur de vous adresser si M. Cotta pense pouvoir hasarder une publication dans ces tems où la force physique croit guérir un mal moral et vacciner le contentement à l'Allemagne unitaire!! Le troisième volume de mon Cosmos avance, mais la sérénité manque aux âmes moins crédules.

Agréez, je vous supplie, l'hommage de mon affectueuse et respectueuse reconnaissance,

Alexandre de Humboldt.