CHAPTER XVII.
DOMESTIC SORROWS. TWO LETTERS OF GEORGE SAND. BREACH WITH GEORGE SAND. JOURNEY TO ENGLAND. RETURN TO PARIS. CHOPINʼS ILLNESS AND DEATH.
HE fears of the Physicians began to be realized. Chopinʼs manner of life in Paris was quite contrary to their advice, and the saddest results ensued. In 1840 decided symptoms of an affection of the lungs appeared. The sufferer was much troubled by sleeplessness, and during those restless nights his active and versatile imagination conjured up the gloomiest fancies. The gravity of the situation was now unmistakable. His annual visit to Nohant always gave him some relief; there he could live in perfect freedom, and work or rest as he felt inclined. But the winter unfortunately increased his sufferings, and the sharp cold winds destroyed all the good effected by the mild air of Nohant.
On May 3rd, 1844, Frederic received a heavy shock in the death of his dearly beloved father. The sad intelligence quite prostrated him; and he was agonized by the thought that he had not been able to soothe his parentʼs last moments, and receive his blessing and farewell. Frederic felt that he ought to write to comfort his mother and sisters, and mingle his tears with theirs, if only by letter; but, as often as he resolved to do so, his strength failed him. At GEORGE SAND TO MADAME CHOPIN. length George Sand, who was at that time still faithful to Chopin, undertook the sad duty, and wrote expressing her sympathy with the mother of the man whom once she had so passionately loved, and for whom she still cherished friendship and respect. The following is an exact transcription of her letter:
Paris, le 29 Mai, 1844.
Madame!
Je ne crois pas pouvoir offrir dʼautre consolation à lʼexcellente mère de mon cher Frédéric, que lʼassurance du courage et de la résignation de cet admirable enfant. Vous savez si sa douleur est profonde et si son âme est accablée; mais grâce à Dieu, il nʼest pas malade, et nous partons dans quelques heures pour la compagne, où il se reposera enfin dʼune si terrible crise.
Il ne pense quʼà vous, à ses soeurs, à tous les siens, quʼil chérit si ardemment, et dont lʼaffliction lʼinquiète et le préoccupe autant que la sienne propre.
Du moins, ne soyez pas de votre côté inquiète de sa situation extérieure. Je ne peux pas lui ôter cette peine si profonde, si légitime et si durable; mais je puis du moins soigner sa santé et lʼentourer dʼautant dʼaffection et de précautions que vous le feriez vous même.
Cʼest un devoir bien doux que je me suis imposé avec bonheur et auquel je ne manquerai jamais.
Je vous le promets, Madame, et jʼespère que vous avez confiance en mon dévouement pour lui. Je ne vous dis pas que votre malheur mʼa frappée autant que si jʼavais connu lʼhomme admirable que vous pleurez. Ma sympathie, quelque vraie quʼelle soit, ne peut adoucir ce coup terrible, mais en vous disant que je consacrerai mes jours à son fils, et que je le regarde comme le mien propre, je sais que je puis vous donner de ce côte-là quelque tranquillité dʼesprit. Cʼest pourquoi jʼai pris la liberté de vous écrire pour vous dire que je vous suis profondément dévouée, comme à la mère adorée de mon plus cher ami.
GEORGE SAND.
GEORGE SAND TO A. THIES. Among Chopinʼs friends and admirers was Alexander Thies,[39] of Warsaw. He had often seen Frederic in Paris, and through him had become acquainted with George Sand, whom as a writer he greatly admired. He wrote from Warsaw a kind letter of inquiry about Chopin and Mickiewicz, and in conclusion wished good health, prosperity, and fame to George Sand. I mention these three words particularly that the following reply may be intelligible.
Paris, le 25 Mars 1845.
Monsieur!
Nous sommes bien coupables envers vous, moi surtout; car lui (Chopin), écrit si peu et il a tant dʼexcuses dans son état continuel de fatigue et de souffrance, que vous devez lui pardonner. Jʼespérais toujours lʼamener à vous écrire, mais je nʼai eu que des résolutions et des promesses, et je prends le parti de commencer, sauf à ne pas obtenir, entre sa toux et ses leçons, un instant de repos et de calme.
Cʼest vous dire que sa santé est toujours aussi chancelante. Depuis les grands froids quʼil a fait ici, il a été surtout accablé; jʼen suis presque toujours malade aussi, et aujourdʼhui je vous écris avec un reste de fièvre. Mais vous? Vous souffrez plus que nous, et vous en parlez à peine. Vous êtes un stoïque de chrétien, et il y a bien dʼassez belles et grandes choses dans votre doctrine, pour que je vous passe la forme, sur ce point. Vous ne me convertirez pas. Mais que vous importe? Vous nʼêtes pas, je lʼespère, de ces catholiques farouches, qui damnent sans retour les dissidents. Dʼailleurs, lʼorthodoxie de ces principes dʼintolérance est très controversée, et votre grand coeur peut prendre là-dessus le parti qui lui convient; moi, jʼai lʼespoir dʼêtre sauvée tout comme une autre, bien que jʼai fait le mal plus dʼune fois tout comme une autre. Mais il y a plus de miséricorde là-haut quʼil nʼy a de crimes ici-bas. Autrement, ce ne serait pas la justice divine, ce serait la justice humaine, la peine du faible. Blasphème inique et que je repousse avec horreur.
Je ne vous dirai rien de Mickiewicz, il nʼa pas fait son cours cette année, et je ne lʼai pas vu[40]. Je nʼai même pas lu son livre. Je le regarde aussi comme un noble malade, mais sans le croire sur le chemin de la vérité, je le crois aussi bien que vous et moi sur la route du salut; sʼil est dans son erreur convaincu, humble et aimant Dieu, Dieu ne lʼabandonnera pas, Dieu ne boude pas, et je ne puis croire quʼune telle âme ne soulève pas quelque coin du voile étrange dont il sʼenveloppait lʼannée dernière.
Je vous remercie de vos souhaits affectueux, santé bien-être et gloire; tout cela est chimère. Nous sommes ici-bas pour souffrir et travailler; la santé est une bénédiction du ciel, en tant quʼelle nous rend utiles à ceux qui ne lʼont pas; le bien-être est impossible à quiconque veut assister ses frères, car dans ce cas-là, plus il peut recevoir, plus il doit donner. La gloire est une niaiserie pour amuser les enfants. Une âme sérieuse ne peut y voir autre chose que le résultat douloureux de lʼignorance des hommes, prompts à sʼengouer de peu de chose. La santé serait donc le seul bien désirable dans vos trois souhaits. Mais je ne lʼai pas cette année et je ne murmure pas, puisque vous, qui le méritez mieux que moi, vous ne lʼavez pas retrouvée.