[87] "Je ne décrirai pas la suite des cérémonies réligieuses qui occupent le reste de la semaine sainte; c'est un récit qui peut bien édifier des ames dévotes, mais non pas plaire à quelqu'un qui lit un voyage pour s'instruire et s'amuser.

"Il n'en est pas de méme d'une pratique superstitieuse des Grecs schismatiques, dont la bizarrerie ne laissera pas de divertir un moment.

"Cette secte, abusée par ses prêtres, croit de bonne foi que Dieu fait annuellement un miracle pour lui envoyer le feu sacré.

"A en croire les pretres Grecs, cette faveur divine, dont on ne peut pas douter, est un preuve insigne de l'excellence de leur communion. Mais ne pourrait-on pas objecter aux Grecs, que les Arméniens et les Cofes, qu'ils traitent d'hérétiques, participent à cette même grace. Ennemis acharnés les uns des autres, les ministres de ces trois sectes se réunissent en apparence pour la cérémonie du feu sacré. Cette réconciliation momentanée n'est due qu'a l'intérêt de tous; séparément ils seraient obligés de payer au gouverneur, pour la permission de faire la miracle, une somme aussi forte que cette qu'ils donnent ensemble.

"Ces prêtres portent la fourberie jusqu'à vouloir persuader au peuple que le feu sacré ne brûle pas ceux qui sont en état de grace. Ils se frottent les mains d'une certaine eau, qui les garantit de la brulure à la première approche, et par ce moyen ne se font aucun mal en touchant leurs cierges. Leur prosélytes sont jaloux de les imiter; mais comme ils n'ont pas leur recette, bien souvent ils se brulent les doigts et le visage: il arrive de là que les prêtres, paraissant jouir exclusivement de la grace de Dieu, en sont plus respectés et mieux prayés."—Mariti, Voyages, &c., tom. ii. p. 340.

[88] Richardson, vol. ii. p. 333.

[89] Journey, p. 69.

[90] Travels, vol. iv. p. 315.

[91] Vol. ii. p. 21.

[92] Buckingham's Travels, vol i. p. 384.