Vous verrez bientôt M. Ungeschick, qui a baptisé votre filleule Caroline; dites-lui qu’elle se porte beaucoup mieux, ainsi que le petit Isaac (je l’ai ainsi nommé en mémoire d’Isaac Newton); pour sa sœur je ne pouvois lui donner un nom plus illustre que le vôtre; c’est ce que j’ai fait remarquer en annonçant sa naissance dans notre Moniteur ou Gazette Nationale du 31 janvier. Je ne pouvois vous donner un compère d’un plus grand mérite que M. Delambre. Il fait actuellement des tables des Satellites de Jupiter qui surpassent de beaucoup celles de M. Wargentin.

Votre commère ma nièce calcule des tables pour trouver l’heure en mer par la hauteur du soleil. Mde. du Piery calcule des observations d’éclipses. Pour moi, je suis occupé des étoiles, j’en ai déjà 6,000; votre compère Le-Français[[13]] y met beaucoup de soin. Nous tâchons tous de seconder vos heureux travaux et ceux de votre illustre frère; nous vous prions tous de recevoir vous-même et de lui présenter nos respects.

Remerciez-le bien de la complaisance qu’il a eu de m’envoyer la rotation de l’anneau, dont j’étois bien curieux. Je suis avec autant d’attachement que de respect, Savante Miss,

Votre très-humble et très

obéissant serviteur,

De la Lande.

Plusieurs de mes étoiles ont servi à comparer votre comète qui a disparu le 30 juin, mais que M. Messier et M. Méchain ont suivis sans interruption, jusques dans le crépuscule.

Je vous prie de demander les bontés de votre digne frère pour M. Ungeschick, qui est un astronome de mérite, et qui a bien du zèle, mais en vous voyant le zèle augmentera.

MISS HERSCHEL TO M. DE LA LANDE.

Slough, Sept. 12th, 1790.