Vous n'aurez point à vous plaindre de moi, ma fille: j'acquiesce à tout ce qui vous plaît.
SILVIA.
Ah! Monsieur, si vous saviez combien je vous aurai d'obligation! Dorante et moi nous sommes destinés l'un à l'autre; il doit m'épouser. Si vous saviez combien je lui tiendrai compte de ce qu'il fait aujourd'hui pour moi, combien mon coeur gardera le souvenir de l'excès de tendresse qu'il me montre! Si vous saviez, combien tout ceci va rendre notre union aimable! Il ne pourra jamais se rappeler notre histoire sans m'aimer; je n'y songerai jamais que je ne l'aime.[201] Vous avez fondé notre bonheur pour la vie en me laissant faire: c'est un mariage unique; c'est une aventure dont le seul récit est attendrissant; c'est le coup de hasard le plus singulier, le plus heureux, le plus…
MARIO.
Ha! ha! ha! que ton coeur a de caquet,[202] ma soeur! quelle éloquence!
M. ORGON.
If faut convenir que le régal que tu te donnes est charmant, surtout si tu achèves.
SILVIA.
Cela vaut fait,[203] Dorante est vaincu: j'attends mon captif.