Pas tant; chacun a ses lumières, je consens,[104] au reste, d'écouter Dubois; le conseil est bon, et je l'approuve. Allez, Marton, allez lui dire que je veux lui parler, S'il me donne des motifs raisonnables de renvoyer cet intendant assez hardi pour regarder un tableau, il ne restera pas longtemps chez moi; sans quoi, on aura la bonté de trouver bon que je le garde en attendant qu'il me déplaise à moi,

Mme. ARGANTE, vivement.

Hé bien! il vous déplaira; je ne vous en dis pas davantage, en attendant de plus fortes preuves.

LE COMTE.

Quant à moi, Madame, j'avoue que j'ai craint qu'il ne me servît mal auprès de vous, qu'il ne vous inspirât l'envie de plaider, et j'ai souhaité par pure tendresse qu'il vous en détournât. Il aura pourtant beau faire, je déclare que je renonce à tous[105] procès avec vous, que je ne veux, pour arbitre de notre discussion, que vous et vos gens d'affaires, et que j'aime mieux perdre tout que de rien disputer.

Mme. ARGANTE, d'un ton décisif.

Mais où seroit la dispute? Le mariage termineroit tout, et le vôtre est comme arrêté.

LE COMTE.

Je garde le silence sur Dorante; je reviendrai simplement voir ce que vous pensez de lui, et, si vous le congédiez, comme je le présume, il ne tiendra qu'à vous de prendre celui que je vous offrois, et que je retiendrai encore quelque temps.

Mme. ARGANTE.