Je me disposais à dire à votre Majesté que, quoiqu'avec un bien vif regret, je comprenais parfaitement les motifs qui vous portaient à remettre à une autre année, cette visite si vivement désirée, et que j'espérais toujours trouver une compensation à cette privation, en allant de nouveau Lui offrir en Angleterre, l'hommage de tous les sentiments que je Lui porte, et qui m'attachent si profondément à Elle, ainsi qu'au Prince son Epoux, lorsque j'ai reçu la nouvelle de la démission de Sir Robert Peel, de Lord Aberdeen et de tous leurs Collégues. Je me flattais que ces Ministres qui s'étaient toujours si bien entendus avec les miens pour établir entre nos deux Gouvernements, cette heureuse entente cordiale qui est la base du repos du monde et de la prospérité de nos pays, continueraient encore longtemps à l'entretenir, et à la consolider de plus en plus. Cet espoir est déçu!!33 Il faut s'y résigner; mais je suis empressé d'assurer votre Majesté, que quelque soit son nouveau Ministère, celui qui m'entoure aujourd'hui, et que je désire, et que j'espère conserver longtemps, n'omettra aucun effort pour cultiver et maintenir cet heureux accord qu'il est si évidemment dans notre intérêt commun de conserver intact.

Dans de telles circonstances, il me devient doublement précieux d'être uni à votre Majesté et au Prince Albert par tant de liens, et qu'il se soit formé entre nous cet attachement mutuel, cette affection et cette confiance, qui sont au dessus et indépendants de toute considération politique; mais qui pourront toujours plus ou moins exercer une influence salutaire sur l'action et la marche de nos deux Gouvernements. Aussi, je le dis à votre Majesté et à son Epoux avec un entier abandon, j'ai besoin de compter sur cette assistance occasionnelle, et j'y compte entièrement en vous demandant d'avoir la même confiance de mon côté, et en vous répétant que cette confiance ne sera pas plus déçue dans l'avenir, qu'elle ne l'a été dans le passé.

Votre Majesté me permettra d'offrir ici au Prince Albert l'expression de ma vive et sincère amitié. Je la prie aussi de recevoir celle de l'inviolable attachement avec lequel je suis, Madame ma très chère Sœur, de votre Majesté, le bon Frère et bien fidèle Ami,

Louis Philippe R.

Footnote 33: The return of Palmerston to the Foreign Office was of course dreaded by the King and Guizot.

Queen Victoria to Lord John Russell.

LORD JOHN RUSSELL'S ACCEPTANCE

Windsor Castle, 16th December 1845.

The Queen has just received Lord John Russell's letter of this day's date,34 and considering that it is of great importance that no time should be lost, has immediately forwarded it to Sir Robert Peel.

The Queen fully understands the motives which guide Lord John in using every effort to ensure the success of the great measure which is impending before he undertakes to form a Government.