[Note de l'auteur]
C'est aujourd'hui même qu'on se bat pour le droit de lire. Même si cela pourrait prendre 50 ans pour que notre façon de vivre actuelle s'efface dans l'obscurité, la plupart des lois et pratiques décrites précédemment ont déjà été proposées -- soit par l'Administration Clinton ou par des éditeurs.
Il y a une exception: l'idée que le FBI ou Microsoft gardera les mots de passe de l'usager superviseur des ordinateurs personnels. Ceci est une extrapolation du Clipper Chip et d'autres propositions de "key-escrow" de l'Administration Clinton, ainsi que d'une tendance à long terme: de plus en plus de systèmes informatiques sont configurés pour donner à des opérateurs absents le contrôle sur les gens qui utilisent le système.
La SPA, qui veut en fait dire Software Publisher's Association, n'est pas aujourd'hui une force policière officielle. De façon officieuse, elle se comporte ainsi. Elle invite les gens à faire de la délation à l'endroit de leur collègues et amis; comme l'Administration Clinton, elle préconise une politique de responsabilité collective où les propriétaires d'ordinateurs doivent activement faire respecter le copyright ou être punis.
La SPA menace actuellement de petits fournisseurs d'accès à l'Internet, en exigeant qu'ils lui permettent de surveiller tous les usagers. La plupart des fournisseurs capitulent lorsqu'ils sont menacés, parce qu'ils n'ont pas les moyens de contre-attaquer en cour. (Atlanta Journal-Constitution, 1er octobre 1996, page D3.) Au moins un fournisseur, Community ConneXion à Oakland en Californie, a refusé la demande et a été conséquemment poursuivi. Il appert que la SPA a abandonné cette poursuite récemment, mais ils vont sûrement continuer cette campagne de diverses autres façons.
Les politiques universitaires de sécurité décrites précédemment ne sont pas imaginaires. Par exemple, un ordinateur dans une université de la région de Chicago affiche le message suivant quand on s'y branche (les guillemets sont dans l'original -- ce qui suit est une traduction):
"Ce système est réservé aux usagers autorisés. Les individus qui utilisent ce système informatique sans autorisation ou au delà de leur autorisation pourront faire l'objet d'une surveillance et d'un enregistrement par le personnel de toutes leurs activités sur ce système. Lors de la surveillance d'individus utilisant le système inadéquatement, ou lors d'activités d'entretien du système, les activités d'usagers autorisés pourraient aussi être surveillées. Quiconque utilise ce système consent expressément à une telle surveillance et est avisé que si cette surveillance révèle des indices d'une possible activité illégale ou violation des règlements de l'Université, le personnel du système peut fournir ces indices aux autorités de l'Université et/ou aux forces de l'ordre."
Il s'agit d'une approche intéressante face au Quatrième amendement: faire pression sur presque tout le monde pour qu'il accepte d'avance de renoncer aux droits qu'il leur accorde.