‘Pour répondre à cette objection, je dis que plus la mémoire est unie à Dieu, plus elle perd ses connaissances distinctes et particulières, jusqu’à ce qu’elle les oublie entièrement: ce qui arrive lorsque l’âme est établie dans l’union parfaite. C’est pourquoi elle tombe d’abord dans un grand oubli, puisque le souvenir des espèces et des connaíssances s’évanouit en elle. Ensuite elle se comporte à l’égard des choses extérieures avec une négligence si notable et un si grand mépris d’elle-même, qu’étant toute abîmée en Dieu, elle oublie le boire et le manger, et elle ne sait si elle a fait quelque chose ou non, si elle a vu ou non; si on lui a parlé ou non. Mais lorsqu’elle est affermie dans l’habitude de l’union, qui est son souverain bien, elle ne souffre plus ces oubliances dans les choses raisonnables, dans les choses morales, ni dans les choses naturelles: au contraire, elle est plus parfaite dans les opérations convenables à son état, quoiqu’elle les produise par le ministère des images et des connaissances que Dieu excite d’une façon particulière dans la mémoire. Car lorsque l’habitude de l’union, qui est un état surnaturel, est formée, la mémoire et les autres puissances quittent leurs opérations naturelles et passent jusqu’à Dieu, qui est à leur égard un terme surnaturel. En sorte que la mémoire étant toute transformée en Dieu, ses opérations ne lui sont plus imprimées, et ne demeurent plus attachées à elle. La mémoire et les autres facultés de l’âme sont occupées de Dieu avec un empire si absolu, qu’elles semblent être toutes divines, et que c’est lui-même qui les meut par son esprit et par sa volonté divine, et qui les fait opérer en quelque façon divinement: “Puisque celui,” dit l’Apôtre, “qui s’unit au Seigneur, devient un même esprit avec lui” (1 Cor. vi. 17). Il est donc véritable que les opérations de l’âme, étant unies totalement à Dieu, sont toutes divines.’—Montée du Carmel, liv. III. ch. i.
Note to page 192.
La Nuit Obscure, liv. II. ch. xvii. xviii.:—‘L’esprit malin ne peut connaître ce qui se passe dans la volonté que par les opérations de ces puissances. Ainsi, plus les communications de Dieu son spirituelles, intérieures, et éloignées des sens, moins il peut découvrir et les pénétrer’.—P. 621.
Evil angels may counterfeit those supernatural communications which are vouchsafed through the agency of the good. But the infused passive contemplation, in which neither the understanding, the imagination, nor the sense, exercise their representative office, is secret and safe. ‘Quand Dieu la (l’âme) comble immédiatement par lui-même de ses grâces spirituelles, elle se dérobe entièrement à la vue de son adversaire, parce que Dieu, qui est son souverain Seigneur, demeure en elle, et ni les bons ni les mauvais anges ne peuvent y avoir entrée, ni découvrir les communications intimes et secrètes qui se font entre Dieu et l’âme. Elles sont toutes divines, elles sont infiniment élevées, elles sont en quelque sorte les sacrés attouchements des deux extrémités qui se trouvent entre Dieu et l’âme dans leur union: et c’est là où l’âme reçoit plus de biens spirituels qu’en tous les autres degrés de la contemplation (Cant. I. 1). C’est aussi ce que l’épouse demandait, quand elle priait l’Epoux divin de lui donner un saint baiser de sa bouche’.—Chap. xxiii. p. 623.
Thus, this culminating point of negation is at least, to some extent, a safeguard. The extinction of knowledge, by confining ourselves to the incomprehensible (Lettres Spirituelles, p. 724), and of joy, by renouncing spiritual delights, the refusal to entertain any extraordinary manifestations that assume a definite form or purport, does at the same time shut out all that region of visionary hallucination in which many mystics have passed their days. It is indisputably true that the more the mystic avoids, rather than craves, the excitements of imagination, sentiment, and miracle, the safer must he be from the delusions to which he is exposed, if not by the juggle of lying spirits, by the fever of his own distempered brain. No one who obeys John’s great maxim, ‘Il ne faut pas voyager pour voir, mais pour ne pas voir,’ will trouble the holy darkness of his church by any erratic novelties of light. Indeed, against such danger careful provision is made by that law which is with him the sine quâ non of mystical progress,—Ne regardez jamais votre supérieur, quel qu’il soit, que comme Dieu même, puisqu’il vous est donné comme lieutenant de Dieu.’—Précautions Spirituelles, p. 734.
BOOK THE TENTH
QUIETISM.
CHAPTER I.
Love! if thy destined sacrifice am I,
Come, slay thy victim, and prepare thy fires;
Plunged in thy depths of mercy let me die