“Ayant eu l’occasion de connaître plusieurs officiers et de visiter leurs stations de l’État du Congo, je suis convaincu que la conduite de ces messieurs a été bien mal interprétée par la presse. J’ai cité comme preuve mon expérience personnelle, qui est en opposition avec une version récemment publiée par la presse Anglaise, qui les accuse de grandes cruautés.”

La déclaration de Juin dernier, ci-jointe, a fait justice des critiques contre la force publique de l’État en signalant que son recrutement est réglé par la loi et qu’il n’atteint qu’un homme sur 10,000. Dire que “the method of obtaining men for military service is often but little different from that formerly employed to obtain slaves,” c’est méconnaître les prescriptions minutieuses édictées pour, au contraire, éviter les abus. Les levées s’opèrent dans chaque district; les Commissaires de District règlent, de commun accord avec les Chefs indigènes, le mode de conscription. Les engagements volontaires et les multiples réengagements complètent aisément les effectifs qui atteignent à peine le chiffre modique de 15,000 hommes.

Ceux qui allèguent, comme le dit la note, que “the men composing the armed force of the State were in many cases recruited from the most warlike and savage tribes,” ignorent que la force publique est recrutée dans toutes les provinces et parmi toute la population du territoire. Les intérêts de l’État protestent contre cette notion d’une armée que l’autorité elle-même formerait d’éléments indisciplinés et sauvages et des exemples—tels que les excès qui ont été mis à charge des auxiliaires irréguliers utilisés dans l’Uganda, ainsi que les révoltes qui se sont produites jadis au Congo, imposent, au contraire, une circonspection spéciale pour la composition de la force armée. Les cadres Européens, qui se composent d’officiers Belges, Italiens, Suédois, Norwégiens, et Danois, y maintiennent une sévère discipline, et l’on chercherait en vain à quelles réelles circonstances fait allusion l’assertion que les soldats “not infrequently terrorized over their own officers.” Elle n’est pas plus fondée que cette autre assertion, “that compulsion is often exercised by irresponsible native soldiers uncontrolled by an European officer.” Depuis longtemps, l’autorité était consciente des dangers que présentait l’existence de postes de soldats noirs, dont le Rapport de Sir D. Chalmers, sur l’insurrection à Sierra-Leone, a constaté les inévitables abus de pouvoirs. Au Congo, ils ont été graduellement supprimés.

Il apparaîtra, à ceux qui ne nient pas l’évidence, que des reproches articulés contre l’État, le plus injuste est d’avancer “that no attempt at any administration of the natives is made, and that the officers of the Government do not apparently concern themselves with such work.”

On peut s’étonner de trouver semblable affirmation dans une dépêche d’un Gouvernement dont l’un des membres, Lord Cranborne, Sous-Secrétaire d’État pour les Affaires Étrangères, disait le 20 Mai dernier:—

“There was no doubt that the administration of the Congo Government had been marked by a very high degree of a certain kind of administrative development. There were railways, there were steamers upon the river, hospitals had been established, and all the machinery of elaborate judicial and police systems had been set up.”

Un autre Membre de la Chambre des Communes reconnaissait—

“That the Congo State had done good work in excluding alcoholic liquors from the greater part of their domain, that they had established a certain number of hospitals, had diminished small-pox by means of vaccination, and had suppressed the Arab Slave Trade.”

Si atténuées que soient ces appréciations, encore démentent-elles cette affirmation d’aujourd’hui que “the natives are left entirely to themselves, so far as any assistance in their government or in their affairs is concerned.”

Telles ne semblent pas être les conclusions auxquelles, déjà en 1898, arrivait le Consul Anglais Pickersgill.