In May he went from Rome directly to Paris. The doors of the Grand Opéra were now open to him, and he gave several concerts there, making some provincial tours in the intervals. From his second appearance at the Grand Opéra dates Jules Janin’s criticism written for the Journal des Débats. Wergeland says:—

In spite of the half ludicrous self–assertion of its author, and the unnecessary prominence given to his own personality, it is a very happy piece of art criticism. Jules Janin had a wonderful power of making other people see, hear, and feel as he saw, heard, and felt. His opinions became the opinions of the world. As if with a wizard’s wand, he made a fame, and it was only when he tried to unmake one that his own vulnerable points were exposed. In the present case, he hit most happily upon just those features in Ole Bull’s genius and character, which were sure to win sympathy—the simplicity, the brightness, the sweet innocence, which in his music suddenly rises from the chaos of tumultuous passion, and the naïveté, generosity, and warm devotion, which in his personal intercourse with men were so singularly blended with his fierce hatred of all intrigue and malice.

In Norway we read this criticism with great delight. It was the legal rite duly performed. The last anxiety disappeared. Ole Bull was now in the eyes of all the world the great genius, the perfect artist.

Jules Janin’s criticism (which would only be marred by translation) was as follows:[5]

M. OLE B. BULL.

Ce jeune sauvage, qui nous est venu l’an passé des glaces de la Norwège, son Stradivarius à la main, s’est fait entendre pour la seconde fois à l’opéra, lundi passé. C’est tout à fait le grand musicien que je vous avais prédit il y a six mois. Il y a tant de larmes et tant de mélancolie dans ce noble instrument! Il y a tant d’énergie et de vigeur et tant de grace sous cet archet de fer! Il chante, il pleure, il se passionne; tantôt il élève la voix au dessus des cors et des trombones; tantôt il soupire si doucement qu’on dirait une harpe éolienne! C’est un musicien qui n’a pas eu de maitre. C’est un violon qui n’appartient à aucune école. C’est quelque chose de naïf et d’inspiré et d’une puissance incroyable. On a beaucoup parlé de M. Paganini et de sa quatrième corde. Ils s’étaient fait annoncer, l’une portant l’autre, par toutes les voix de la renommée. Ils étaient venus, la quatrième corde tendue outre mesure, et celui qui en devait jouer, aussi mal peigné qu’on peut l’être quand on le fait exprès. Eh bien! je ne sais pas, si le succès de M. Bull, le Norwégien, n’eût pas été aussi grand que le succès de l’Italien et de sa quatrième corde, s’il avait pris soin de s’entourer du puissant charlatanisme de son confrère. Mais, que voulez vous? La Norwège est une bonne fille bien simple et bien honnête, qui ne met pas de fard. Elle arrive tout simplement et jette au dehors naturellement et sans efforts tout ce qu’elle a dans l’âme et dans le cœur! M. Ole B. Bull est un de ces artistes pleins d’ignorance, de naïveté, et de bonne foi, qui ne demandent pas mieux que de s’abandonner à leur belle et bonne nature en plein jour, en plein air et en toute liberté. C’est un honnête jeune homme sans charlatanisme, qui ignore le grand art Italien de préparer un succès de longue main. Depuis le premier jour ou je l’entendis à l’opéra, en toute admiration, je l’avoue, le hasard me l’a fait entendre souvent çà et là, sur toutes les grandes routes et sur tous les théâtres de province, et toujours cependant j’ai retrouvé le même talent, la même inspiration passionée et le même enthousiasme naïf et plein de cœur. Un jour dans une auberge de Rouen, j’ai été réveillé par un adagio melancolique et tendre, c’était le violon d’Ole Bull. Une autre fois dans un cabaret de grande route un plaintif andante m’est venu surprendre, assis au–devant de la porte, sous le bouchon qui servait d’en–seigne, c’était un andante de mon violon favori. Il a été toute ma providence poétique. L’été passé, dans cette ennuyeuse ville de Dieppe, pleine d’Anglais ennuyés et d’Anglaises d’antichambre couvertes d’un voile vert, Ole Bull m’a consolé de la mer de Dieppe, cette horrible mer qui rend malades les gens bien portants. Même je le vois encore, accompagné d’une façon si burlesque par la société dite philharmonique de cette honnête ville, à ce point, que Meyerbeer qui était là, ne pouvant supporter plus longtemps cet accompagnement barbare, est allé se jeter dans la mer en tenant ses oreilles à deux mains.

J’ai donc conservé un tendre souvenir pour ce grand artiste que j’ai trouvé ainsi sur ma route, pour en charmer les ennuis. Ce n’est pas celui–là qui s’enfermerait dans sa chambre comme un voleur, pour tirer de son violon les plus doux accords; au contraire, il jetait sa pensée à qui voulait l’entendre, comme on jette sa petite monnaie aux pauvres du chemin; ce n’est pas celui–là qui mettrait à son violon une avare sourdine; au contraire, il n’était jamais plus joyeux que lorsqu’il y avait foule autour de lui pour l’entendre, pour l’applaudir et pour pleurer gratis; aussi a–t–il recueillé partout sur son passage, sinon beaucoup d’or, du moins d’honorables sympathies. Les Anglais vagabonds n’ont pas été à son concert, mais les jeunes gens y sont venus, et les plus pauvres, car c’était ce pauvre musicien lui–même qui ouvrait sa porte et qui disait; entrez! sans exiger qu’on prit son billet à la porte. Voilà comment il faut soutenir la dignité de l’instrument que vous a departi le ciel. Il faut savoir donner quelques leçons de générosité à ces villes égoistes de la province qui ne savent pas que c’est un devoir pour elles d’encourager un grand musicien qui passe. Il faut savoir donner pour rien les nobles plaisirs que la foule ne sait pas acheter; on revient pauvre, il est vrai, de ces parages, mais qu’importe, puisqu’on revient honoré et honorable? On n’a pas le revenu et les sept millions de Paganini; mais qu’importe? M. Baillot à votre retour vous tend la main et vous dit: Mon frère! Et puis n’est ce donc rien que d’avoir le droit de revenir à Paris et de trouver toujours l’opéra ouvert, et d’avoir à ses ordres cet admirable orchestre de M. Habeneck, et de venir là sans saluer trop bas recueillir des marques unanimes d’estime et d’admiration?

Jules Janin always called Ole Bull “mon sauvage.” This was because, when making his first appearance at the Grand Opéra, his last step at the side of the stage, before coming in view of the public, was a misstep. He stumbled on a projecting piece of framework, and was thrown so violently forward that, to save himself from falling headlong, he was obliged to run out. It was as unconventional and awkward a manner of saluting the public as can be imagined, and especially unfortunate in that it was a Parisian audience, who have so keen a sense of the ridiculous. Nor was this all. In the midst of the finale of the “Polacca Guerriera,” the A string snapped. Ole Bull turned deathly pale. Monsieur Habeneck immediately offered his violin to the artist; but he dared not use any instrument but his own. With the courage of despair, he transposed the remainder of the piece, and finished it on three strings. The strain and tension necessary for the accomplishment of such a feat were appreciated by Meyerbeer, who occupied Jules Janin’s box and witnessed this incident, which others could not believe, although they heard the snap of the string, because of the brilliant and successful conclusion of the performance. As Meyerbeer’s voice rang out above the thunder of applause, Ole Bull said it seemed to him like a voice from heaven.