[66] “Cependant, pour revenir aux formes ordinaires ou aux âmes matérielles, cette durée qu’il leur faut attribuer à la place de celle qu’on avoit attributée aux atomes pourroit faire douter si elles ne vont pas de corps en corps; ce qui seroit la métempsychose, à peu près comme quelques philosophes ont cru la transmission du mouvement et celle des espèces. Mais cette imagination est bien éloignée de la nature des choses. Il n’y a point de tel passage; et c’est ici où les transformations de Messieurs Swammerdam, Malpighi, et Leewenhoek, qui sont des plus excellens observateurs de notre tems, sont venues à mon secours, et m’ont fait admettre plus aisément, que l’animal, et toute autre substance organisée ne commence point lorsque nous le croyons, et que sa generation apparente n’est qu’une développement et une espèce d’augmentation. Aussi ai je remarqué que l’auteur de la “Recherche de la Verité,” M. Regis, M. Hartsocker, et d’autres habiles hommes n’ont pas été fort éloignés de ce sentiment.” Leibnitz, “Système nouveau de la Nature,” 1695. The doctrine of “Emboîtement” is contained in the “Considérations sur le principe de vie,” 1705; the preface to the “Theodicée,” 1710; and the “Principes de la Nature et de la Grace” (§ 6), 1718.

[67] “Il est vrai que la pensée la plus raisonnable et la plus conforme à l’experience sur cette question très difficile de la formation du fœtus; c’est que les enfans sont déja presque tout formés avant même l’action par laquelle ils sont conçus; et que leurs mères ne font que leur donner l’accroissement ordinaire dans le temps de la grossesse.” “De la Recherche de la Verité,” livre ii. chap. vii. p. 334, 7th ed., 1721.

[68] The writer is indebted to Dr. Allen Thomson for reference to the evidence contained in a note to Haller’s edition of Boerhaave’s “Prælectiones Academicæ,” vol. v. pt ii. p. 497, published in 1744, that Haller originally advocated epigenesis.

[69] “Considérations sur les Corps organisés,” chap. x.

[70] Bonnet had the courage of his opinions, and in the “Palingénésie Philosophique,” part vi. chap, iv., he develops a hypothesis which he terms “évolution naturelle;” and which, making allowance for his peculiar views of the nature of generation, bears no small resemblance to what is understood by “evolution” at the present day:—

“Si la volonté divine a créé par un seul Acte l’Universalité des êtres, d’où venoient ces plantes et ces animaux dont Moyse nous decrit la Production au troisieme et au cinquieme jour du renouvellement de notre monde?

“Abuserois-je de la liberté de conjectures si je disois, que les Plantes et les Animaux qui existent aujourd’hui sont parvenus par une sorte d’evolution naturelle des Etres organisés qui peuplaient ce premier Monde, sorti immédiatement des Mains du Createur?...

“Ne supposons que trois révolutions. La Terre vient de sortir des Mains du Createur. Des causes preparées par sa Sagesse font développer de toutes parts les Germes. Les Etres organisés commencent à jouir de l’existence. Ils étoient probablement alors bien différens de ce qu’ils sont aujourd’hui. Ils l’etoient autant que ce premier Monde différoit de celui que nous habitons. Nous manquons de moyens pour juger de ces dissemblances, et peut-être que le plus habile Naturaliste qui auroit été placé dans ce premier Monde y auroit entièrement méconnu nos Plantes et nos Animaux.”

[71] “Ce mot (germe) ne désignera pas seulement un corps organisé réduit en petit; il désignera encore toute espèce de préformation originelle dont un Tout organique pent résulter comme de son principe immédiat.”—“Palingénésie Philosophique,” part x. chap. ii.

[72] “M. Cuvier considérant que tous les êtres organisés sont dérivés de parens, et ne voyant dans la nature aucune force capable de produire l’organisation, croyait à la pré-existence des germes; non pas à la pré-existence d’un être tout formé, puisqu’il est bien évident que ce n’est que par des développemens successifs que l’être acquiert sa forme; mais, si l’on peut s’exprimer ainsi, à la pré-existence du radical de l’être, radical qui existe avant que la série des évolutions ne commence, et qui remonte certainement, suivant la belle observation de Bonnet, à plusieurs generations.”—Laurillard, “Éloge de Cuvier,” note 12.