No. 16.

L'Ambassadeur en Angleterre an Ministre des Affaires Etrangères.

(Télégramme). Londres, le 12/25 Juillet 1914.

Reçu télégramme du 11 Juillet. Grey a prescrit à l'Ambassadeur d'Angleterre à Vienne d'appuyer notre démarche concernant la prolongation du délai de l'ultimatum. Il m'a dit en même temps que l'Ambassadeur d'Autriche était venu le voir et avait expliqué qu'on ne devrait pas attribuer à la note autrichienne le caractère d'un ultimatum; il faudrait la considérer comme une démarche qui, en cas d'absence de réponse ou en cas de réponse insuffisante au terme fixé, aurait comme suite la rupture des relations diplomatiques et le départ immédiat de Belgrade du Ministre d'Autriche-Hongrie, sans entrainer cependant le commencement immédiat des hostilités.—Grey a ajouté qu'à la suite de cette explication il a indiqué à l'Ambassadeur d'Angleterre à Vienne que dans le cas où il serait trop tard pour soulever la question de la prolongation du délai de l'ultimatum, celle de l'arrêt des hostilités pourrait peut-être servir de base à la discussion.

(Signé) Benckendorff.

No. 17.

Le Ministre des Affaires Etrangères à l'Ambassadeur à Londres.

(Télégramme). St.-Pétersbourg, le 12/25 Juillet 1914.

Dans le cas d'une nouvelle aggravation de la situation, pouvant provoquer de la part des Grandes Puissances des actions conformes, nous comptons que l'Angleterre ne tardera pas de se ranger nettement du côté de la Russie et de la France, en vue de maintenir l'équilibre européen, en faveur duquel elle est intervenue constamment dans le passé et qui serait sans aucun doute compromis dans le cas du triomphe de l'Autriche.

(Signé) Sazonow.