Le Directeur du Département Politique m'informe, que lors de la communication qu'il a faite à l'Ambassadeur d'Autriche du contenu de la réponse serbe à l'ultimatum, l'Ambassadeur n'a pas caché son étonnement de ce qu'elle n'ait pas donné satisfaction à Giesl. L'attitude conciliante de la Serbie doit, selon l'avis du Directeur du Département Politique, produire la meilleure impression en Europe.
(Signé) Sevastopoulo.
No. 28.
Le Chargé d'Affaires en France an Ministre des Affaires Etrangères.
(Télégramme). Paris, le 13/26 Juillet 1914.
Aujourd'hui l'Ambassadeur d'Allemagne a de nouveau rendu visite au Gérant du Ministère des Affaires Etrangères et lui a fait les déclarations suivantes:
«L'Autriche a déclaré à la Russie qu'elle ne recherche pas des acquisitions territoriales et qu'elle ne menace pas l'intégrité de la Serbie. Son but unique est d'assurer sa propre tranquillité. Par conséquent il dépend de la Russie d'éviter la guerre. L'Allemagne se sent solidaire avec la France dans le désir ardent de conserver la paix et espère fermement que la France usera de son influence à Pétersbourg dans un sens modérateur». Le Ministre fit observer que l'Allemagne pourrait de son côté entreprendre des démarches analogues à Vienne, surtout en présence de l'esprit de conciliation dont a fait preuve la Serbie. L'Ambassadeur répondit que cela n'était pas possible, vu la résolution prise de ne pas s'immiscer dans le conflit austro-serbe. Alors le Ministre demanda, si les quatre Puissances—l'Angleterre, l'Allemagne, l'Italie et la France—ne pouvaient pas entreprendre des démarches à St. Pétersbourg et à Vienne, puisque l'affaire se réduisait en somme à un conflit entre la Russie et l'Autriche. L'Ambassadeur allégua l'absence d'instructions. Finalement le Ministre refusa d'adhérer à la proposition allemande.
(Signé) Sevastopoulo.
No. 29.
Le Chargé d'Affaires en France au Ministre des Affaires Etrangères.