No. 50.
Le Ministre des Affaires Etrangères aux Ambassadeurs en Angleterre et en France.
(Télégramme). St.-Pétersbourg, le 16/29 Juillet 1914.
(Printed in the British White Book (Correspondence, No. 93 (3)).)
No. 51.
Le Chargé d'Affaires en Allemagne au Ministre des Affaires Etrangères.
(Télégramme). Berlin, le 16/29 Juillet 1914.
Sur ma question s'il avait une réponse de Vienne relativement à Votre proposition de pourparlers privés à St.-Pétersbourg, le Secrétaire d'Etat a répondu négativement.
Il déclare qu'il lui est fort difficile d'agir sur Vienne, surtout ouvertement. Parlant à Cambon, il a même ajouté qu'en cas d'une pression trop évidente l'Autriche se hâterait de mettre l'Allemagne en présence d'un fait accompli.
Le Secrétaire d'Etat dit qu'il a reçu aujourd'hui un télégramme de Pourtalès d'où il constate que plus que les premiers jours Vous êtes disposé à trouver un compromis acceptable pour tous. J'ai répliqué que probablement Vous avez été dès le commencement en faveur d'un compromis, bien entendu à la condition qu'il soit acceptable non seulement pour l'Autriche, mais également pour nous. Il m'a dit ensuite qu'il paraissait que nous avions commencé à mobiliser sur la frontière autrichienne et qu'il craignait que ceci rendrait plus difficile pour l'Autriche la possibilité de s'entendre avec nous, d'autant plus que l'Autriche ne mobilisait que contre la Serbie et ne faisait pas de préparatifs sur notre frontière. J'ai répondu que, d'après les renseignements dont je disposais, l'Autriche mobilisait également sur notre frontière et que par conséquent nous devions prendre des mesures analogues. J'ai ajouté que les mesures que nous avons peut-être prises de notre côté n'étaient nullement dirigées contre l'Allemagne.