Sa Majesté l'Empereur Mon Auguste Souverain au nom de l'Empire, relevant le défi se considère en état de guerre avec la Russie.
St.-Pétersbourg, le 19 Juillet/1 Août 1914.
(Signé) F. Pourtalès.
[ [!-- Note Anchor 198 --][Footnote 198: Les mots placés entre parenthèses se trouvent dans l'original. Il faut supposer que deux variantes avaient été préparées d'avance et que par erreur elles out été insérées toutes les deux dans la note.]
No. 77.
Communiqué du Ministre des Affaires Etrangères concernant les événements des derniers jours.
Le 20 Juillet/2 Août 1914.
Un exposé défigurant les événements des derniers jours ayant paru dans la presse étrangère, le Ministère des Affaires Etrangères croit de son devoir de publier l'aperçu suivant des pourparlers diplomatiques pendant le temps susvisé.
Le 10/23 Juillet a.c. le Ministre d'Autriche-Hongrie à Belgrade présenta an Ministre Président Serbe une note où le Gouvernement Serbe était accusé d'avoir favorisé le mouvement panserbe qui avait abouti à l'assassinat de l'héritier du trône austro-hongrois. En conséquence l'Autriche-Hongrie demandait au Gouvernement Serbe non seulement de condamner sous une forme solennelle la susdite propagande, mais aussi de prendre, sous le contrôle de l'Autriche-Hongrie, une série de mesures tendant à la découverte du complot, à la punition des sujets serbes y ayant participé et à la prévention dans l'avenir de tout attentat sur le sol du Royaume. Un délai de 48 heures fut fixé au Gouvernement Serbe pour la réponse à la susdite note.
Le Gouvernement Impérial, auquel l'Ambassadeur d'Autriche-Hongrie à St.-Pétersbourg avait communiqué le texte de la note 17 heures après sa remise à Belgrade, ayant pris connaissance des demandes y contenues, dut s'apercevoir que quelques-unes parmi elles étaient inexécutables quant an fond, tandis que d'autres étaient présentées sous une forme incompatible avec la dignité d'un Etat indépendant. Trouvant inadmissibles la diminution de la dignité de la Serbie contenue dans ces demandes, ainsi que la tendance de l'Autriche-Hongrie d'assurer sa prépondérance dans les Balcans démontrée par ces mêmes exigences, le Gouvernement Russe fit observer dans la forme la plus amicale à l'Autriche-Hongrie qu'il serait désirable de soumettre à un nouvel examen les points contenus dans la note austro-hongroise. Le Gouvernement Austro-Hongrois ne crut possible de consentir à une discussion de la note. L'action modératrice des autres Puissances à Vienne ne fut non plus couronnée de succès.