NOTE TO PAGE [93].
Devadachi, femmes des Pagodes, servantes des dieux. Chap. 17.
Ce sont ordinairement les tisserants qui vouent leurs filles aux pagodes, les parents ne leur demandent pas pour cela leur consentement, ils n'attendent pas même qu'elles soient en age de le donner, puisqu'ils les destinent au service des dieux dès qu'elles commencent de naître: ils ont grand soin de les préparer à cet état par un continuel exercice de la danse, du chant, et des jeux; il y a un maître exprès de ces exercises, qui enseigne les jeunes filles que l'on a destinées et devouées aux pagodes, et qui les dirigent dans les cérémonies: lorsqu' elles sont devenues devadashi, c'est à dire servantes des dieux, lorsqu' elles ont atteint l'âge de 9 ou 10 ans, leurs pères vont convier toutes les castes de venir assister à la consécration de leurs filles. On les conduit solemnellement à la pagode, devant d'y entrer elles donnent à tout le monde des marques de leur habileté dans la danse, dans le chant, et dans le jeu, et selon qu'on est content d'elles on leur fait des présents, ensuite elles entrent dans la pagode, elles se prosternent devant les dieux. Les Brahames qui sont là présens, les font relever, allors le prêtre offre la fille aux dieux, en leur disant, Seigneurs voilà une fille que je vous offre, daignez la prendre pour votre servante. Le Brahame officiant met dans la main de la fille un peu de Tirouniron, et un peu de l'eau qui a servi à laver l'idole: elle delaye tout cela ensemble, et elle s'en met au front pour marquer qu'elle se devoue d'elle-même avec joye pour être toute sa vie la servante des dieux. Cette cérémonie suppose que c'est à la pagode de Siva qu'elle se devoue particulièrement, car si c'est à la pagode de Vishnou elle se met le tirounamam[398] et on lui fait boire un peu de l'eau dans laquelle il y a quelques feuilles de Toulachi qui est une espèce de basilic. Ensuite soit que ce soit dans l'une ou dans l'autre pagode, le Brahamme officiant delaye dans un bassin de cuivre un peu de sandale avec de l'eau qui a servi à l'idole, et il en jette avec les doigts sur la fille. Cela marque la consécration parfaite. Il met au col une guirlande qui a servi à l'idole pour luy témoigner qu'elle est agréable aux dieux et qu'ils l'ont prise sous leur protection: le Brahamme luy dit qu'elle est présentement Devadashi, et qu'il l'exhorte à se comporter en digne servante des dieux, après cela elle se prosterne devant l'idole: le Brahamme la fait relever et ordonne à ses parents de l'aller conduire dans une maison particulière qui est proche la pagode, les parents y donnent du Bethel aux conviez et regalent toutes les devadachis. Toutes celles qui sont ainsi consacrées aux pagodes ne peuvent jamais se marier, ny elles ne peuvent plus retourner à leurs familles, ny en hériter. Elles font profession d'etre publiques à tout le monde, et les malabares croyent qu'il y a du mérite d'habiter avec les servantes des dieux. Elles n'ont point parmy elles de supérieures; chacune fait son menage separément si elles veulent on tire leur subsistance des revenus de la pagode, mais ce n'est pas ce qui les enrichit beaucoup; le commerce charnel qu'elles entretiennent avec tout le monde leur est bien plus lucratif, et celles qui font ainsi fortune ont grand soin de se bien habiller et de s'orner de pendants d'oreilles, de colliers et d'anneaux d'or, et de cercles d'argent aux bras et aux pieds l'employ des Devadashis est d'aller trois fois le jour à la pagode, c'est à dire le matin vers le midi et le soir, qui sont les temps que ce font les sacrifices et les cérémonies de la pagode, elles y dansent et chantent, et font des jeux pour le divertissement des dieux; elles font la même chose aux processions, et aux mariages.
"Tout est odieux et criminel dans la condition de ces Devadashis, la cruauté des pères qui forcent la liberté de leurs enfants, l'impiété des pères qui prostituent leurs filles."
The above extract is taken from a manuscript in the Royal Library, Munich, No. 1165 (Gall. 666), called La Religion des Malabares; it is supposed to have been written between 1705 and 1720, and to have belonged to the Missions Etrangères; later it was presented by the Abbé Clément to the library of the Oratoire St. Honoré. The MS. contains 546 pages and three parts. The first is an exposition of Christian doctrine; the second of the Malabar religion; the third sets forth the doctrinal differences between the Christians and Hindus, and shows how to proceed in arguing with the latter. The whole tenour of the book is, however, chiefly an attack on the Jesuits, whom it accuses of laxity, and of having sought to multiply the number of Christians rather than to secure the truth. It reproaches them with allowing Christian Malabars to play musical instruments in the pagodas, and pagan Malabars to play their instruments in Christian churches, and with having allowed various idolatrous ceremonies to have become perpetuated under a fresh dedication. This tenour of the MS. is the cause stated in a manuscript note by Abbé Clément, for the book having been removed from the missions étrangères when the credit of the Jesuits prevailed, and caused the departure from that establishment of the missionaries who were hostile to that body. From this work marriage seems to have been more general amongst the Malabars than would be supposed from the account of the early Portuguese voyagers in which much stress is laid upon the absence of marriage amongst the nairs. This missionary in treating of divorce amongst the Malabars says the husband retains the children, if there are any, and the wife returns to the husband the taly which she had round her neck (probably the jewel which has been mentioned in the text;) and she resumes her dower if she brought any at her marriage. Amongst other objectionable practices of the Jesuits, blamed in this work, is the having adopted the Malabar name of Sarounasouren (signifying Lord of all) for the True God, since Sarunasuren is properly applied to Siva because he is the first human form which Carsa (or the most subtle of the five elements) took on forming the world; whilst the True God is neither Carsa nor Siva, and Sarunasuren is the name of an idol.
Carsa is further described as supreme intelligence, the soul of the universe, and the most subtle of the five elements, water, fire, earth, air, and wind, and is said to have taken a human form which he called Shiva; and as Shiva was to disappear into Sattyaloguen or the most perfect heaven, he transformed himself into another human figure which he named Roudra, and also in others called Vishnou and Broumha. Carsa filled these three persons with intelligence, in order that they might remain in the world with men. Section de la divinité des Malabars et de leur fausse Trinité. Maycereni, the name of the third person of the Indian trinity given in the text, does not appear in this work, and may be an epithet of Rudra. The following is one of the most remarkable passages in this manuscript, and is much in accordance with M. E. Burnouf's recent publications in the Revue des deux Mondes.
"Et comme ils ne rendent en particulier aucun culte extérieur à Carsa, ils croyent le dédommager suffisament par celui qu'ils rendent à tous les dieux; on voit par là combien l'erreur aveugle l'esprit des hommes qui s'éloignent du vray Dieu. Il n'est personne qui ne convienne que la cause est plus noble que son effet. Si donc ils supposent que ces dieux sont les effets de la puissance de Carsa, pourquoi leurs rendent-ils plus de culte qu'à ce Dieu, qu'ils disent être le principe de toute chose. N'est-ce pas faire de Carsa un dieu chimérique?" p. 539.
The reader may see in Mr. Frank's book on the Kabbala, with respect to the Adam Kadmon, how much Hindu ideas, and especially the Hindu theory of the formation of the world, had penetrated into Syria, and corrupted the Jews, before the Christian era.