Montrez votre loyauté
Par des bonds et des grimaces,
Mais n’espérez point de grâces!
(Les menaçant du doigt, elle rentre dans le palais. Dans la rue commence le cortège triomphal. D’abord, les miliciens du roi, avec des airs importants et fanfarons; puis, la suite de la Reine de Chémakha, bariolée et bizarre, comme sortie d’un conte oriental: certains personnages n’ont qu’un œil, au milieu du front; d’autres ont des cornes, d’autres des têtes de chiens. Géants, nains. Éthiopiens grands et petits, esclaves voilées portant des cassettes et des vaisseaux précieux. Cette pompe insolite dissipe pour un instant l’anxiété du peuple. Tous s’amusent comme des enfants.—Le cortège de la reine.)
(Le Roi et La Reine apparaissent sur leur char doré. Le Roi paraît vieilli. Il a perdu sa prestance majestueuse. Son air est soucieux. Il regarde continuellement, avec tendresse, La Reine. Celle-ci s’est capricieusement tournée de côté et trahit de temps en temps par ses gestes brusques, un énervement caché. La foule se trémousse, saute, tournoie, pousse de joyeuses acclamations.)
Le Peuple.
Soyez bienvenus! Hourra!
Longue vie à notre roi!
Hourra! Hourra!
Vois tes serviteurs fidèles,