Chœur.

L’ennemi sera chassé!

Mais où diable est-il passé?

(Rien ne répond. Le jour commence à poindre. Le brouillard se disperse graduellement, et l’on aperçoit, sortant de terre une tente. Les rayons de l’aurore se jouent sur les arabesques de ses parois de brocart bigarré.—Consternation générale.)

Le Roi Dodôn.

Voyez donc, la belle tente!

(Les premiers rayons du soleil paraissent; on voit remuer les parois de la tente.)

(Les canonniers s’enfuient en débandade, abandonnant leur pièce.)

(De la tente sort une belle jeune femme à la démarche legère, mais majestueuse. Elle est suivie de quatre esclaves qui portent des instruments de musique: goussli (psalterions), goudok (viole), chalumeau et tambour. Sa longue robe de soie rouge est richement brodée d’or. Elle porte un turban blanc, orné d’une haute plume. Elle paraît ne rien voir, et, les bras levés comme pour la prière, chante en s’adressant au soleil qui brille.)

La Reine de Chémakha.