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CHAPITRE VIII.

DE LEURS FESTINS.

IL n'y a que les chasseurs effectiuemẽt & ceux qui l'ont esté, qui soient ordinairement conuiez aux festins, les femmes vefues y vont aussi: notamment si ce n'est pas vn festin à manger tout, les filles, les femmes mariées, & les enfans en sont quasi tousiours exclus. Ie dis quasi tousiours, car par fois on les inuite, ie leur ay veu faire des Acoumagouchanai, c'est à dire des festins à ne rien laisser, ausquels tout le monde se trouuoit, les [137] hõmes, fẽmes, & petits enfans: quand ils ont grãde abondance de viures, les femmes font quelquefois des festins par entr'elles, où les hõmes ne se trouuẽt point.

CHAPTER VIII.

ON THEIR FEASTS.

ONLY actual hunters, and those who have been hunters, are usually invited to their feasts, to which widows go also, especially if it is not an eat-all feast. The girls, married women, and children, are nearly always excluded. I say nearly always, for occasionally they are invited. I have known them to have Acoumagouchanai, that is to say, feasts where nothing is to be left, to which every one was invited, [137] men, women, and little children. When they have a great abundance of food, sometimes the women have a feast of their own, where the men are not found.

Leur façon d'inuiter est sans fard & sans ceremonie, quand tout est cuit & prest à manger (car on n'inuite personne auparauant) quelqu'vn s'en va par les Cabanes où sont ceux qui doiuent estre conuiez, ou bien mesme on leur criera ce mot du lieu où se faict le festin khinatonmigaouinaouau, vous estes inuitez au banquet, les hommes ausquels ce mot s'adresse, respondent ho ho, & prenant sur l'heure mesme leur plat d'escorce & leur cueiller de bois, s'en viennent en la Cabane de celuy qui les traitte. Quand tous les hommes ne sont pas inuitez, on nomme ceux qu'on veut conuier; le deffaut de ceremonies faict épargner beaucoup de paroles à ces bõnes gens. Il me semble qu'au siecle d'or on faisoit comme cela, sinon que la [280] netteté y estoit en plus grande recommandation que parmy ces peuples.

Their way of inviting is straightforward and without ceremony. When all is cooked and ready to eat (for no one is invited before), some one goes through the Cabins of those who are to be invited; or else they will cry out to them this word, from the place where the feast is given, khinatonmigaouinaouau, "You are invited to the banquet." The men to whom this word is addressed, answer, ho ho, and straightway taking their own bark dish and wooden spoon, come to the Cabin of the one who is to entertain them. When all the men are not invited, those who are desired are named. The absence of ceremony spares these simple people many words. It seems to me in the golden age they must have done like this, except that then cleanliness was in higher favor than among these people.

Dans tous les festins, comme aussi dans leurs repas ordinaires, on donne à vn chacun sa part, d'où vient qu'il n'y en a [138] que deux ou trois qui ayẽt les meilleurs morceaux, car ils ne les diuisent point: ils donneront par exemple la langue d'vn Orignac, & toutes ses appartenances à vne seule personne, la queuë & la teste d'vn Castor à vn autre; voila les meilleures pieces, qu'ils appellent Mascanou, la part du Capitaine. Pour les boyaux gras de l'Orignac, qui sont leurs grands delices, ils les font ordinairement rostir & en font gouster à tous, comme aussi d'vn autre mets, dont ils font grand estat, c'est le gros boyau de la beste remply de gresse, & rosty auec vne corde qui pend & tourne deuant le feu.