2. "Memoires du comte de Grammont, par monsieur le comte Antoine Hamilton. Nouvelle edition, augmentée d'un discours préliminaire mêlé de prose et de vers, par le même auteur, et d'un avertissement contenant quelques anecdotes de la vie du comte Hamilton. A Paris, chez la veuve Pissot, Quay de Conti, à la croix d'or. 1746." 12o. pp. 24 + 408.
"Avertissement. Le public a fait un accueil si favorable à ces Mémoires, que nous avons crû devoir en procurer une nouvelle edition. Outre les avantures du comte de Grammont, très-piquantes par elles-mêmes, ils contiennent l'histoire amoureuse d'Angleterre sous le regne de Charles II. Ils sont d'ailleurs écrits d'une maniére si vive et si ingénieuse, qu'ils ne laisseroient pas de plaire infiniment, quand la matiére en seroit moins interessante.
"Le héros de ces Mémoires a trouvé dans le comte Hamilton un historien digne de lui. Car on n'ignore plus qu'ils sont partis de la même main à qui l'on doit encore d'autres ouvrages frappés au même coin.
"Nous avons enrichi cette edition d'un discours mêlé de prose et de vers, où l'on exagére la difficulté qu'il y a de bien répresenter le comte de Grammont. On reconnoîtra facilement que ce discours est du même auteur que les Mémoires, et qu'il devoit naturellement en orner le frontispice. Au reste il ne nous appartient point d'en apprécier le mérite. Nous dirons seulement que des personnes d'un goût sûr et délicat le comparent au Voyage de Chapelle, et qu'ils y trouvent les mêmes graces, le même naturel et la même légereté.
"Il ne nous reste plus qu'à dire un mot de M. Hamilton lui-même, auteur de ces mémoires, et du discours qui les précede.
"Antoine Hamilton dont nous parlons, étoit de l'ancienne et illustre maison de ce nom en Ecosse. Il nâquit en Irlande. Il eut pour pére le chevalier Georges Hamilton, petit-fils du duc d'Hamilton, qui fut aussi duc de Châtelleraud en France.
"Sa mére étoit madame Marie Butler, sœur du duc d'Ormond, viceroi d'Irlande, et grand maître de la maison du roi Charles.
"Dans les révolutions qui arrivérent du tems de Cromwel, ils suivirent le roi et le duc d'Yorck son frére qui passérent en France. Ils y amenérent leur famille. Antoine ne faisoit à peine que de naître.
"Lorsque le roi fut rétabli sur son trône, il ramena en Angleterre les jeux et la magnificence. On voit dans les mémoires de Grammont combien cette cour étoit brillante; la curiosité y attira le comte de Grammont. Il y vit mademoiselle d'Hamilton, il ne tarda pas à sentir le pouvoir de ses charmes, il l'épousa enfin; et c'est la tendresse qu'Antoine avoit pour sa sœur, qui l'engagea à faire plusieurs voyages en France, où il étoit élevé, et où il a passé une partie de sa vie.
"M. Antoine Hamilton étant catholique, il ne put obtenir d'emploi en Angleterre; et rien ne fut capable d'ébranler ni sa religion, ni la fidélité qu'il devoit à son roi.
"Le roi Jaques étant monté sur le trône, il lui donna un regiment d'infanterie en Irlande et le gouvernement de Limeric. Mais ce prince, ayant été obligé de quitter ses etats le comte Hamilton repassa avec la famille royale en France. C'est-là et pendant le long séjour qu'il y a fait, qu'il a composé les divers ouvrages qui lui ont acquis tant de réputation. Il mourut à S. Germain le 21 Avril 1720. dans de grands sentimens de piété, et après avoir reçu les derniers sacremens. Il étoit âgé alors d'environ 74 ans. Il a mérité les regrets de tous ceux qui avoient le bonheur de le connoître. Né sérieux, il avoit dans l'esprit tous les agrémens imaginables; mais ce qui est plus digne de louanges, à ces agrémens, qui vent frivoles sans la vertu, il joignoit toutes les qualitéz du cœur."
If the above avertissement first appeared in 1746, which I have much reason to conclude, this is certainly a very important edition. The biographical portion of the advertisement is the foundation of the later memoirs of Hamilton. In the Moréri of 1759, we have it almost verbatim, but taken from the Œuvres du comte Antoine Hamilton, 1749. Neither Brunet, nor Renouard, nor Quérard notice the edition of 1746. The copy which I have examined has the book-plate G. III. R.
3. "Memoires du comte de Grammont, par le C. Antoine Hamilton. 1760." [De l'imprimerie de Didot, rue Pavée, 1760.] 12o. I. partie, pp. 36 + 316. II. partie, pp. 4 + 340.
This edition has the same avertissement as that of 1746. The imprint is M.DCC.LX. The type resembles our small pica, and the paper has the water-mark Auvergne 1749. At the end of the second part appears, De l'imprimerie de Didot, rue Pavée, 1760. This must be M. François Didot of Paris. I find the same colophon in the Bibliographie instructive, 1763-8. v. 631. This very neat edition has also escaped the aforesaid bibliographic trio!
4. "Memoires du comte de Grammont, par monsieur le comte Antoine Hamilton. Nouvelle edition, augmentée de notes et d'eclaircissemens necessaires, par M. Horace Walpole. Imprimée à Strawberry-Hill. 1772." 4o, pp. 24 + 294. 3 portraits.
[Dedication.] "À madame....
"L'éditeur vous consacre cette édition, comme un monument de son amitié, de son admiration, et de son respect; à vous, dont les grâces, l'esprit, et le goût retracent au siècle présent le siècle de Louis quatorze et les agrémens de l'auteur de ces mémoires."
Such are the inscriptions on the Strawberry-Hill gem. Much has been said of its brilliancy—and so, for the sake of novelty, I shall rather dwell on its flaws.
The volume was printed at the private press of M. Horace Walpole at Strawberry-Hill, and the impression was limited to one hundred copies, of which thirty were sent to Paris. So much for its attractions—now for its flaws. In reprinting the dedication to madame du Deffand, I had to insert eight accents to make decent French of it! The avis is a mere medley of fragments: I could not ask a compositor to set it up! The avertissement is copied, without a word of intimation to that effect, from the edition of 1746. The notes to the épître are also copied from that edition, except L'abbé de Chaulieu; and two of the notes to the memoirs are from the same source. The other notes, in the opinion of sir William Musgrave, are in part taken from an erroneous printed Key. Where are the éclaircissements? I find none except a list of proper names—of which about one-third part is omitted!
In quoting Brunet, I have used the fourth edition of the Manuel du libraire, 1842-4; in quoting Renouard, I refer to the avis prefixed to the Œuvres du comte Antoine Hamilton, 1812; in quoting Quérard, to La France littéraire, 1827-39. The other references are to sale catalogues. The titles of the books described, and the extracts, are given literatim, and, except as above noted, with the same accentuation and punctuation.
To revert to the question of a new edition: I should prefer the French text, for various reasons, to any English translation that could be made. That of Abel Boyer is wretched burlesque!
The chief requirements of a French edition would be, a collation of the editions of 1713 and 1746—the rectification of the names of persons