"Calais, Mercredi, 24 Aout, 1792.

"Madam,—Mon silence en vous revoyant après vingt années d'absence, a été le fruit de l'étonnement, et non pas de l'indifférence. C'est un sentiment qui m'est inconnu pour les personnes qui m'ont intéressé une fois, et pour vous surtout, dont j'ai à me reprocher toute ma vie d'avoir été la principale cause de toutes vos vicissitudes. Si j'avois eu le courage de m'approcher de vous, ma langue n'auroit certainement jamais retrouvé d'expression pour vous rendre tous les mouvemens tumultueux de mon âme et de mon cœur à cette apparition si subite et si momentanée. Je n'aurois trouvé que des larmes pour vous dire tout ce que je sentais; et en vous le traçant confusement sur ce papier, elles viennent encore m'interrompre. Ce n'est pourtant pas de l'amour qui me parle pour vous, mais c'est un mélange de sentimens si tendres, de souvenirs, de regrets, et d'inquiétude pour votre sort présent et future, que vous pouvez seule comprendre ou diviner. Je n'ai dans le cours de ces vingt ans jamais sçu au juste de vos nouvelles. Un mariage d'inclination que j'appris que vous aviez fait, devoit faire votre bonheur. J'apprends à présent que cela n'a pas rempli vos espérances: je m'en afflige pour vous. Au nom de Dieu, faites-moi seulement sçavoir si vous êtes heureuse au moins; c'est là l'objet de mes vœux les plus ardents. Je ne vous parle point de moi; je ne sçais pas si mon sort peut vous intéresser de même; je vous dirai seulement que l'âge ne me corrige point du défaut de trop sentir; que, malgré cela, je suis aussi heureux que je puis l'être, et que rien ne manqueroit à ma félicité, si je vous sçavois contente et heureuse. Mais au cas que cela ne soit pas, adoucissez-moi du moins l'amertume de cette nouvelle en me disant expressément que ce n'est point moi qui en ai été la cause, et que vous ne désespérez pas d'être encore heureuse et d'accord avec vous-même.

"Je finis, parce que j'aurois trop de choses à vous dire, et que ma lettre deviendroit plustôt celle d'un père, que celle d'un ancien amant. Mais la cause de mes paroles étant dans le sensibilité de mon cœur, je ne doute point que la sensibilité du vôtre, dont j'ai été convaincu, ne les reçoive avec indulgence, et avec un reste d'affection que je n'ai pas mérité de perdre de votre part. Si vous voulez donc me dire quelque chose de vous, et que ma lettre ne vous a point déplu, vous pouvez addresser votre réponse à Bruxelles, poste restante. Si vous ne jugez point à-propos de me répondre, faites seulement sçavoir à la personne qui vous fera remettre celle-ci, que vous l'avez reçue. Cela me consolera un peu de la douleur que m'a causé le rétracement subit de vos infortunes, que votre vue a toute réveillées dans mon âme. Adieu, donc, adieu.

"VITTORIO ALFIERI."

STANZAS IN "CHILDE HAROLD."

There is a famous passage in one of Lord Byron's most famous poems, which I am ashamed to confess that, though I am English born, and a constant reader of poetry, I cannot clearly understand. It seems to present no difficulties to anybody else, for it has been quoted a thousand times over and over, without any intimation that it is not as clear as light. It is in the sublime Address to the Ocean at the end of Canto IV. of Childe Harold, stanza 182.:

"Thy shores are empires, changed in all save thee—

Assyria, Greece, Rome, Carthage, what are they?

Thy waters wasted them while they were free,

And many a tyrant since; their shores obey