L'importation dans l'État de New-Yorck d'esclaves étrangers est prohibée par la même loi qui confirme l'esclavage de ceux qui y existaient à l'époque où elle a été rendue; ainsi cette disposition de la loi, et la manière douce dont sont traités les esclaves en général, confirment dans l'opinion que l'intérêt pécuniaire, plus qu'une véritable approbation de l'esclavage empêche la legislature de New-Yorck, de procéder à cet égard avec la justice et les lumières qui dirigent généralement ses délibérations.--"Voyage dans Les États-Unis D'Amerique." Fait en 1795, 1796 et 1797. Par La Rochefoucauld-Liancourt. Tome Septième, 114-119.
Observations Sur l'Esclavage Par La Rochefoucauld-Liancourt
Il est natural de supposer qu'un nègre esclave, fatigué de travail depuis le commencement de l'année jusqu'à la fin, obligé, sous peine du fouet, d'aller aux champs, qu'il soit où non en état de santé, ne voye dans la liberté que la faculté de ne plus travailler. Tant qu'il était esclave, il était plus ou moins mal nourri, mais il l'était sans aucun soin de sa part, et sans qu'un travail plus assidu, plus actif, lui valut une meilleure nourriture ou un meilleur nourriture ou un meilleur vêtement. Le travail n'était donc pour lui qu'une peine, sans être jamais un moyen de bien être, il est donc, il doit donc être paresseux et imprévoyant. Il jouit des premiers momens de sa liberté, en ne travaillant point, car le fouet ne claque plus à ses oreilles; les besoins se font sentir; aucune éducation ne lui a été donnée que celle de l'esclavage, qui enseigne à tromper, à voler, comme à mentir; il cherche à satisfaire ses besoins, auxquels son travail n'a pas pourvu, en dérobant quelques bleds, quelques provisions à ses voisins; il devient recéleur des nègres esclaves.
Tout cela peut et doit être, mais ne doit dégouter de l'affranchissement progressif des nègres que ceux ne veulent pas penser qu'avec des soins préparatoires, et sur-tout des soins généreux qui auraient pour objet une émancipation générale successive, appropriée au nombre des nègres dans le pays, et à plusieurs autres circonstances, la plus grande quantité de ces inconvéniens serait evitée, et le serait totalement pour la génération future si elle ne pouvait l'être pour la présente. Mais comment espérer une philanthropie si prévoyante de ceux qui ne voyent que leur intérêt du moment, et qui le croyent blessé.
Dans L'État de Maryland les esclaves sont jugés par les mêmes tribunaux que les blancs, et comme eux par l'arbitrage des juris. Les punitions pour les noirs sont plus sévères; mais les moeurs sont douces au moins dans la partie du Maryland où je suis a présent, et elles prévalent sur la rigueur des loix. J'ai été témoin d'un fait qui prouve que l'humanité des juges et le désir de rendre une exacte justice les occupent pour les accusés esclaves, comme pour les blancs. Une négresse est en prison, accusée d'avoir voulu empoisonner sa maîtresse et d'avoir empoisonné un enfant. Sa maîtresse est son accusatrice. C'est une femme d'une bonne reputation dans le pays, appartenant à une famille très-etendue dans le comté, et y ayant d'ailleurs beaucoup d'influence; les juges craignant l'effet de cette influence sur les juris, ont profité de la faculté qu'ils out de renvoyer le jugement à la cour générale du district qui se tient à soixante milles de Chester, pour donner à l'accusée toute la chance possible d'un jugement sain et impartial.
Il n'y a encore aucune mesure prise en Maryland pour l'affranchissement progressif des esclaves. Quelques hommes bien intentionnées espèrent amener la legislature dans peu de temps à une démarche à cet égard, mais l'opinion du pays n'y semble pas dispossée. --"Voyage dans Les États-Unis D'Amerique." Par La Rochefoucauld-Liancourt. Tome Sixième, 69-71.
Les nègres libres se trouvent assez facilement pour le travail des champs. Us coûtent quatre-vingt dollars par an. Les nègres esclaves se louent à cinquante. Quelques planteurs préfèrent des ouvriers blancs et des nègres libres aux esclaves; ils ont moins d'embarras et plus de profit. Les vaches se vendent ici de quinze à vingt dollars, les boeufs quarante, les chevaux pour le labour cent; ceux pour la voiture coutent souvent six cents dollars la paire. Le comté de Kent, dont Chester est le cheflieu, contient treize mille habitans, dont cinq mille six cents sont nègres esclaves; il fournit peu de betail aux marchés de Baltimore et de Philadelphie. Presque tout ce qu'il produit dans ce genre est consommé dans son enciente.--"Voyage dans Les États-Unis D'Amerique." Par La Rouchefoucauld-Liancourt. Tome Sixieme, 79-80.
What Isaac Weld Observed in Slave States
"The principal planters in Virginia have nearly every thing they can want on their estates. Amongst the slaves are found tailors, shoe-makers, carpenters, smiths, turners, wheelwrights, weavers, tanners, etc. I have seen patterns of excellent coarse woolen cloth made in the country by slaves, and a variety of cotton manufacturers, amongst the rest good nankeen. Cotton grows here extremely well; the plants are often killed by frost in winter, but they always produce abundantly the first year in which they are sown. The cotton from which nankeen is made is of a particular kind naturally of a yellowish color.
"The large estates are managed by stewards and overseers, the proprietors just amusing themselves with seeing what is going forward. The work is done wholly by slaves, whose numbers are in this part of the country more than double that of white persons. The slaves on the large plantations are in general very well provided for, and treated with mildness. During three months nearly, that I was in Virginia, but two or three instances of ill treatment towards them came under my observation. Their quarters, the name whereby their habitations are called, are usually situated one or two hundred yards from the dwelling house, which gives appearance of a village to the residence of every plantation in Virginia; when the estate, however, is so large as to be divided into several farms, then separate quarters are attached to the house of the overseer on each farm. Adjoining their little habitations, the slaves commonly have small gardens and yards of poultry, which are all of their property; they have ample time to attend to their own concerns, and their gardens are generally found well stocked, and their flocks of poultry numerous. Besides the food they raise for themselves, they are allowed liberal rations of salted pork and Indian corn. Many of their little huts are comfortably furnished, and they are themselves, in general, extremely well clothed. In short their condition is by no means so wretched as might be imagined. They are forced to work certain hours in the day; but in return they are clothed, dieted, and lodged comfortably, and saved all anxiety about provision for their offspring. Still, however, let the condition of the slave be made ever so comfortable, as long as he is conscious of being the property of another man, who has it in his power to dispose of him according to the dictates of caprice; as long as he hears people around him talking about the blessings of liberty, and considers that he is in a state of bondage, it is not to be supposed that he can feel equally happy with the freeman. It is immaterial under what form slavery presents itself, whenever it appears there is ample cause for humanity to weep at the sight, and to lament that men can be found so forgetful of their own situations, as to live regardless of the blessings of their fellow creatures.