Cet âne harassé, boiteux et lamentable,

Après un jour de marche approchait de l'étable;

Il roulait la charrette et portait un panier;

Chaque pas qu'il faisait semblait l'avant-dernier;

Cette bête marchait, battue, exténuée;

Les coups l'enveloppaient ainsi qu'une nuée;

Il avait dans ses yeux voilés d'une vapeur

Cette stupidité qui peut-être est stupeur;

Et l'ornière était creuse, et si pleine de boue

Et d'un versant si dur, que chaque tour de roue