“La douleur et le vide de cette mort seront vivement ressentis par tous les amis qu’il comptait en si grand nombre en France et en Angleterre, dans tous les rangs de la société, et sous tous les drapeaux de la politique.

“A Londres, les salons de Gore House furent toujours ouverts à tous les proscrits politiques, qu’ils s’appelassent Louis Bonaparte ou Louis Blanc, à tous les naufragés de la fortune et à toutes les illustrations de l’art et de la science.

“A Paris, il n’avait qu’un vaste atelier, mais quiconque allait frapper au nom d’un malheur à secourir ou d’un progrès à encourager, était toujours assuré du plus affable accueil et du plus cordial concours.

“Avant le 2 Décembre, nul ne fit d’efforts plus réitérés pour que la politique suivît un autre cours et s’élevât aux plus hautes aspirations.

“Après le 2 Décembre, nul ne s’employa plus activement pour amortir les coups de la proscription: Pierre Dupont[38] le sait et peut le certifier.

“Le Président de la République n’avait pas d’ami à la fois plus dévoué et plus sincère que le Comte d’Orsay; et c’est quand il venait de la rapprocher de lui par le titre et les fonctions de surintendant des beaux-arts qu’il le perd pour toujours.

“C’est une perte irréparable pour l’art et pour les artistes, mais c’est une perte plus irréparable encore pour la Vérité et pour le Président de la République, car les palais n’ont que deux portes ouvertes à la Vérité: la porte de l’amitié et la porte de l’adversité, de l’amitié qui est à l’adversité ce que l’éclair est à la foudre.

“La justice indivisible, la justice égale pour tous, la justice dont la mort tient les balances, compte les jours quand elle ne mesure pas les dons. Alfred d’Orsay avait été comblé de trop de dons—grand cœur, esprit, un goût pur, beauté antique, force athlétique, adresse incomparable à tous les exercises du corps, aptitude incontestâble à tous les arts auxquels il s’était adonné; dessin, peinture, sculpture—Alfred d’Orsay avait été comblé de trop de dons pour que ses jours ne fussent pas parcimonieusement comptés. La mort a été inexorable, mais elle a été juste. Elle ne l’a pas traité en homme vulgaire. Elle ne l’a pas pris, elle l’a choisi.”

There is one more general summary of his character which must be given. Grantley Berkeley tells a pleasant story of a dinner at the Old Ship Hotel at Greenwich:—

“I remember a dinner at the Ship, where there were a good many ladies, and where D’Orsay was of the party, during which his attention was directed to a centre pane of glass in the bay-window over the Thames, where some one had written, in large letters, with a diamond, D’Orsay’s name in improper conjunction with a celebrated German danseuse then fulfilling an engagement at the Opera. With characteristic readiness and sang-froid, he took an orange from a dish near him, and, making some trifling remark on the excellence of the fruit, tossed it up once or twice, catching it in his hand again. Presently, as if by accident, he gave it a wider cant, and sent it through the window, knocking the offensive words out of sight into the Thames.”