Résumé.—Faire reposer et rapprocher de Madrid le gal Frère, le gal Caulaincourt, le gal Gobert, afin qu’ils puissent arriver à Madrid avant le gal Cuesta, si celui-ci battait le mal Bessières. Immédiatement après l’événement qui aura lieu le 15 ou le 16, prendre un part selon les événemens qui auront eu lieu, et dans le but d’écraser l’armée ennemie en Galice.

Si le maréchal Bessières a eu grand succès, sans éprouver de grandes pertes, tout sera bien dans la direction actuelle. S’il a un succès après avoir éprouvé beaucoup de pertes, il faut se mettre en mésure de le renforcer. S’il se tient en observation sans attaquer, il faut le renforcer. S’il a été défait et bien battu, il faut se concentrer et rassembler toutes ses troupes dans le cercle de sept ou huit journées de Madrid, et étudier les dispositions dans les différentes directions pour savoir où placer les avant-gardes, afin de profiter de l’avantage qu’on a d’être au milieu, pour écraser successivement avec toutes ses forces les divers corps de l’ennemi. Si on n’ordonne pas sur le champ au gal Dupont de repasser les montagnes, c’est qu’on espère que malgré la faute faite, le mal Bessières a la confiance (qu’on partage) qu’à la rigueur il est suffisant pour écraser l’ennemi. Le mal Bessières a eu le bon esprit de tellement réunir toutes ses forces, qu’il n’a pas même laissé un seul homme à St. Ander. Quelqu’ avantage qu’il y eut à laisser là un millier d’hommes, il a senti qu’un millier d’hommes pouvait décider sa victoire.

Quant à la division du gal Verdier devant Saragosse, elle a rempli aux trois quarts son but. Elle a désorganisé tous les Arragoniens, a porté le découragement parmi eux, les a reduits à défendre les maisons de leur capitale, a soumis tous les environs, a bloqué la ville, et réuni tous les moyens pour s’en emparer sans que cela devienne trop conteux.

Voilà l’esprit de la guerre d’Espagne.


Dictated by the emperor Napoleon. Taken at the battle of Vittoria.

No. II.

NOTE POUR LE ROI D’ESPAGNE.

Bayonne, le Juillet, 1808.